Lamillarié, comm. du cant. de Réalmont, arr. d'Albi
soutenir par La Curée1, avec les compagnies de Monsieur, du grand Prieur et de Faudoy2 : ces deux dernières soutenues par celles du duc et du comte d'Alez3, son fîlz ; la compagnie du Roi faisoit comme la troupe de réserve. En cest ordre aiant esté asseuré par quelques coups de canon que Fauch n'estoit pas rendu, il vint prendre place sur une montagnette à demi-quart de lieue de là; quelque vingt chevaux le viennent reconoître, raportent l'alarme : au bruit de laquelle La Curée et autres furent d'avis de ne faire rien sans l'infanterie et le reste de l'armée. Ils patientent la nuit et tout fut joint au matin.
Le marquis de Malauze, aiant salué les Catholiques d'un coup de canon, prend quelque place de combat, jette 1 50 enfants perdus en une petite vigne fossoyée, les flanque de 100 mousquetaires au couvert d'une haye, et plus au large forme un bataillon de 400 hommes. Se sert encore de deux maisons hors du vilage, qu'il garnit d'arquebuserie, logeant 1 50 hommes en l'entredeux des maisons. Dans un champ un peu en arrière estoit le regimen de Boyer, lui déjà mort d'une rnousquetade à la reconoissance de l'église qui se venoit de rendre à l'arrivée de son secours. Derrière cest ordre et au devant de la barricade de la bourgade, le reste de Malauze et sur tout sa cavalerie se logeoit en quelques petits champs propres à la petitesse des troupes.
1. Gilbert Filhet de la Curée, premier capitaine-lieutenant de la compagnie des chevau-légers de la garde, instituée par Henri IV en 1593, maréchal de camp en 1621.
2. Peut-être ce personnage est-il Armand-Jean de Rochechouart, seigneur de Montclar, baron de Faudoas.