Sacre, canon de moyen calibre
D'autre costé, cela fit esmouvoir les Catholiques qui accoururent au comte de la Rochefoucauld \ entre autres Saint-Luc, Roches-Bariteaux2,Brassac et autres, si bien que, se voiant 700 chevaux et 3,500 piétons, il prit son logis à la Roche-sur- Yon, où il y a un bon chasteau à la teste et une bourgade retranchée, d'ancienneté.
Soubize marchant droit là, le comte desloge et gaigne la Ghèze3, qu'il quitta à veue de ses ennemis alans à lui et se retranchea dans le Bourg nouveau4, pour ce qu'il estimoit le chasteau meilleur, et n'y avoit que la chaussée de l'estang à coupper pour estre logé partout avantageusement. Mais, aiant sceu que les Reformez estoient accreus de 300 hommes de pied et cinquante chevaux, que Vergier Malaguet (qui s'estoit allé faire panser d'une mousquetade à la Rochelle) avoit amenez, Bourg nouveau fut quitté, et le comte, aiant laissé une partie de ses forces dans Fontenai, qu'il croioit devoir estre assiégé, se retira avec le reste à Niort. Et ainsi la campagne demeura aux Réformez, jusquesàl'eschec de Rié5, duquel nous parlerons après
1. François, comte de la Rochefoucauld, prince de Marcillac, premier duc de la Rochefoucauld. Il fut le père de l'auteur des Maximes. Il avait été placé à la tête du gouvernement du Poitou, vacant par la défection du duc de Rohan.
2. Gabriel de Chasteaubriant, seigneur des Roches-Baritaut, comte de Grassay, était lieutenant général en Bas-Poitou.
3. La Chaize-le-Vicomte, cant. et arr. de la Roche-sur-Yon, à douze kilomètres à l'est de cette ville.
4. Bournezeau, cant. de Chantonnay, arr. de la Roche-sur- Yon, à douze kilomètres à l'est de la Chaize-le-Vicomte.
5. Riez, bourg du cant. de Saint-Gilles, arr. des Sablesd'Olonne (Vendée).
avoir ajouté le combat qui se passa entre Loudrières1 et Cressonnière d'une part, comme ils aloient de MareuiP joindre les troupes aux Sables avec 200, que salades qu'arquebuziers à cheval, et de l'autre Roches-Bariteaux, aiant quatre-vingts mestres et cinquante mousquetaires à cheval, qui aloient joindre le comte de la Rochefoucaut à Sainte-Ermine3.
Cressonnière, qui menoit trente coureurs, charge les Roches porté par terre où rompt le premier rang. Lui tué, Loudrières vient à la charge avec le reste, passe sur le ventre à la troupe et emmène les Roches blessé, qu'il laissa prisonnier sur sa foi chez un de ses amis, mais l'autre estant guéri rompit ou desguisa sa parole.
De mesme estoffe fut celle du comte de la Rochefoucaut, en traitant neutralité pour le château de Mareuil, car y estant receu par la dame de Loudrières, il s'en saisit à bon escient, sans autre escuse qu'un nouveau commandement du Roi.
Le lecteur se passera bien des veues inutiles de la cavalerie des deux partis et des inutiles desseins des uns et des autres. Il suffira que les Reformez estans à Luçon4 eurent avis de l'acheminement du Roi, et, au lieu de se retirer facilement dans les avantages, prirent le dessein de Rié.
1. René de Talansac, sieur de Loudrières, sénéchal de la Rochelle.