‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 144 sur 224 · CHAPITRE AAY · texte numérisé non relu

CHAPITRE AAY

Second voyage du Roi en Guyenne et Languedoc.

Voici une nouvelle face d'affaires. Quand le Roi eut tourné le visage pour reprendre le chemin de Guienne, et de là le Languedoc (car presque tout ce qui avoit levé les armes vers Dordongne et Garonne se coiffa de sa chemise), Lézignan traita, par l'entremise du conseiller Duc, pour rendre Glairac, aux conditions de ses premières 50,000 livres, que les habitans seroient déchargez de la rançon des 50,000 escus, et lui demeureroit leur gouverneur. Les deux premières conditions furent effectuées, la troisième non, quoi qu'il y en eût expéditions en bonne forme : car le duc de Vendosme, estant entré en la ville, y laissa Gaucourt avec sept compagnies du régimen de Picardie.

Environ la mi-avril, le marquis de Gastelnau de Chalosse1, gouverneur de Mont-de-Marsan (pource que son père avoit changé de religion), assisté des barons de Bazian, de Viala et de Saint- Yort, s'estoit asseuré de la place, y avoit mis 600 hommes, avec profession de suivre les mouvemens de l'Assemblée, mais en fort peu de temps, sentant l'aproche du Roi, Gondrin lui promit 20,000 escus, ce qu'il accepta et congédia ses trouppes.

Le Roi arrivant vers Dordongne, le prince de Condé

1. Miremont, marquis de Castelnau de Chalosse, fils du baron François de Castelnau, mort en 1621, gouverneur de Mont-de- Marsan. Il s'était saisi de Mont-de-Marsan, au nom de l'Assemblée de la Rochelle. Il mourut en 1622.

traita avec La Force pour Genseac, lui donna terme pour en retirer les hommes et les munitions, et fit une capitulation fort honorable, mais qui fut violée en toutes ses parties.

Le mesme prince, aiant appelle pour la seconde fois La Force à Beusse1 pour traiter, fit cependant bloquer Sainte-Foy.

Le roi repassant à Agen sur le commencement de juin, Leirac fut pour la seconde fois démantelé, avec pillage et rasement des principales maisons ; pareillement il y eut plusieurs plaintes des églises de Leytoure2, Puimirol, et autres qui demandoient l'exécution des promesses à elles faictes, comme aussi pour l'ordre de mipartir les consuls; tout cela fut renvoie aux fins de non recevoir avec ceste clause : le Roi en a ordonné autrement.

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