On l'appelait demi-lune d'Argencour
passa 300. Ce furent les régimens de Navarre et d'Estissae qui avoient eu ceste commission. Du premier lurent tuez deux capitaines, Seran et Prenelles; de l'autre le capitaine Frété. L'estonnement tut si grand que Koquelaure, général des Vénitiens, faisant là le mareschal de camp, fut tué en voulant ralier; Plessis, sergent de bataille, estropié; le jeune Guiteau, commandant les mousquetaires du régimen de Piémont, et le capitaine Guiermont, voulans faire ferme, y demeurèrent. Là se perdirent aussi Ferron et Bourdet, tuez d'un seul coup de mousquet.
Le mardi i, sur les dix heures du soir, le capitaine Billi, à l'endroit des Tuileries, ala encores brusler les gabions et tonneaux que les assiégeans avoient raccomodez, avec des embrasures pour le canon ; mais, à la lueur du feu,, il perdit huit ou neuf bons hommes et un de commandement.
Toutes les journées, jusques au lundi 10, ne firent rien que perdre quelques miliers de coups de canon, racommoder les tranchées, et faire passer la rivière aux troupes du Gonestable pour les loger au mas de Bourges de Gatelan et aux environs du Peyrou et de Saint-Olary : ce qui donna occasion à une assez longue écarmouche, mais froide. Gela commençoit à dresser une baterie au mas de Gussenel, quand le duc de Bohan, accompagné du mareschal de Gréquy, jusques à une canonade de la ville, y entra avec sept ou huit gentishommes pour faire agréer la paix, de laquelle il avoit traité. Et le vendredi 14, la trefve commencea pour parachever la paix : de laquelle on fut asseuré au dernier jour d'octobre, la semaine d'après.