Ramberge, en anglais rowberge, navire de course
8. Sur cette bataille navale, voir Charles de la Roncière, Histoire de la marine française, t. IV, p. 446 et suiv.
L'armée royale aiant mouillé dans le pertuis Breton, et, dez le soir, fait reconoitre les Rochelois par les galères, le lendemain %1 d'octobre, sur les huit heures du matin, elles donnèrent leur volée, et les premiers navires des Rochelois, aians mis à la voile, les poursuivirent environ d'une lieue. Là, arrestez par un si grand calme, que les vaisseaux ne pouvoient seulement gouverner, les galères, bien instruites de leur avantage, prindrent ce temps pour faire du mal aux autres; et comme un Norouest eut rafraîchi premièrement du costé des Catholiques, tous leurs vaisseaux se joignirent, mais si lentement que les Rochelois eurent loisir de tenir conseil, où fut délibéré de feindre une retraitte, pour attirer l'armée dans les rochers du Gouronneau1. Mais les vaisseaux du duc pressèrent les Rochelois de si prez que l'amiral, voyant ne pouvoir les mener à son poinct, tourna le cap à l'armée, et faisant voile à la rencontre, le vent lui vint à gré. Alors aiant commandé les prières par tous les vaisseaux, il s'avanea avec les trois meilleurs qu'il eust. Sur ce poinct, les galères, se séparans de l'armée, ranguèrent2 vers l'isle de Ré, tirant pourtant leurs canonades, desquelles l'une, venant de la galère de la Reine, perça le navire du capitaine Arnaud à fleur d'eau.
Il estoit trois heures du soir quand les deux aimées se choquèrent. Celle du Roi, aiant le vent arrière et mis toutes voiles hors, receut quelque confusion en son avant-garde menée par Saint-Luc, si bien que, laissant son arrière-garde, elle fut abordée par deux navires;
1. Le Gouronneau, plateau rocheux, en bordure de l'île de Ré, au nord-est de Saint-Martin-de-Ré.