‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 27 sur 224 · Chaînes · texte numérisé non relu

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2. Le roman d'Héliodore, les Éthiopiques, ou Amours de Tliéagène et de Chariclée, avait été traduit par Amyot. Une édition du texte, que d'Aubigné, bon helléniste, pouvait lire, avait paru à Paris en 1619.

3. Corbeaux, flatteurs. Le jeu de mots est intraduisible en lrançais.

rougnes, ou extrêmes en leurs flatteries impudentes pour les bourreaux, ou de calomnies diaboliques contre les martyrs; et je mets de cette espèce ce qui a le plus de vogue au jourd'huy et entre ceux là ceux qui ont pris le nom de Mercure1, que les Anciens nous ont présenté pour marchant, menteur et maquereau. Mais ceux qui tesmoingnent quelque candeur et pureté sont meurtris ou chassez aux déserts et ont bien besoin d'estre nourris du ciel, et c'est à quoy aplique le poète sacré ces paroles : Dieu se faict nourricier des misérables et sera loué par nous de ce qu'il assiste à la dextre du souffreteux pour le délivrer de ceux qui condamnent son ame2.

XI. Icy j'arreste le cours de ma juste colère pour vous dire un petit mot de mon ouvrage et puis qu'il a pieu à Dieu fortifier ma vieillesse et lui donner au sexiesme lustre de mes ans le commandement d'entrer dans le seiziesme siècle3 (duquel la porte et la

1. D'Aubigné vise ici deux ouvrages périodiques qui relataient les principaux faits de la vie politique et militaire de l'Europe : 1° le Mercure Gallo-Belgique, qu'il range dans la Préface du tome 1er, parmi les auteurs « récusables », et 2° le Mercure françois, auquel il a fait d'ailleurs quelques emprunts. Ce dernier était la suite de la Chronologie septennaire de Palma- Cayet, à dater de l'année 1605.

2. Traduction du verset 31 du psaume 109 : « Quia adstitit a dextris pauperis, ut salvam faceret a persequentibus animam meam. »

3. D'Aubigné entrait dans son seizième lustre en 1627. Ce serait donc à cette date que Dieu lui aurait enjoint d'écrire l'histoire du seizième siècle, entendez de celui qui commence en l'an 1600. On se souvient que le troisième tome de Y Histoire universelle s'arrêtait à l'Edit de Nantes, c'est-à-dire au seuil de ce siècle, que nous appelons le dix-septième.

face me font horreur), en cela obtempérant aux désirs et prières de plusieurs personnes notables en l'Europe, le consentement desquelz promet à mon livre victoire sur le siècle et grâce envers la postérité; au choix qu'a fait de moy le plus grand Roy qui ait manié le sceptre de la France1, et plus expressément une assemblée de 800 et quelques églises2.

XII. Je mets l'espaule audacieuse soubs cest agréable fardeau, au déplaisir des lasches, des esclaves, des ennemis de la vérité céleste et de ce qui se peut nommer entre les hommes véritablement honneur3, au contentement et utilité des princes qui ont apris que le tiltre envieux de souverain, quelque-fois acquis par la vertu et par le fer, ne se maintient que par les moyens de son acquisition, à l'instruction des conseillers d'Estat et des capitaines généraux et subalternes et à la délectation des esprits solidement curieux, qui voudront entretenir leurs soirées de ce livre criminel. Si en ce rang se trouve que quelqu'un de ces juges de Paris, prenant l'air et la liberté, mêle dans son carroce ce4 condamné par ses pareils5, il détestera de la pen-

1. Sur les encouragements que d'Aubigné reçut de Henri IV pour écrire son Histoire universelle, voir la Préface et l'Avis de l'imprimeur au lecteur en tête du tome Ier, passim.

2. Le synode de Gap, en 1603, demanda à tous les consistoires de France d'adresser à d'Aubigné « les mémoires des actes les plus mémorables advenus depuis cinquante ans ». Voir Rocheblave, Agrippa d'Aubigné, p. 113.

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