INTRODUCTION. V
à Montauban; avec Chàtillon, gouverneur du Languedoc; avec le comte de la Suze, héros d'une équipée brillante. Aussi la guerre était à peine terminée qu'on le pressait d'en raconter l'histoire : « Force amis me condamnent à un quatrième tome, écrit-il au marquis de Courtaumer en Hollande, à qui il demande des mémoires sur les affaires « du septen- « trion1. » Au secrétaire d'Etat de Loménie, il mande, en 1624, qu'il a reçu « de toutes les parts de la France, des deux professions [confessions] et des principaux capitaines de l'armée royale, de très exprez et grands mémoires2 » pour pousser son Histoire jusqu'au temps présent.
Ce sont surtout ses coreligionnaires qui l'encouragent à entreprendre ce travail : « Je suis exhorté et pressé de princes et des principaux capitaines de poursuivre jusques à la saison de leurs actions, lesquelles ils veulent bien estre déduictes par mon gros stile, qu'ils appellent ferré. D'autres personnes de piété m'animent à la mesme besogne, pour ce seul esgard que nous puissions faire sçavoir de nos nouvelles à la postérité par nos mains, à ce que notre justice et vertu ne soyent estouffées, comme il est advenu aux Albigeois, nos prédécesseurs3. »
Retiré dans son manoir du Grest, aux environs de Genève, il amassait donc des mémoires4. Il écrivait en France pour avoir communication du Diaire, ou Journal de Lesdiguières3. Il interrogeait le comte de la Suze. Enfin, ayant achevé la publication de la seconde édition des trois premiers tomes, il se mettait, en 1627, à rédiger ce tome quatrième. Il entrait alors dans sa soixante-quinzième année.