‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 6 sur 224 · T. I, p. 336 et · texte numérisé non relu

T. I, p. 336 et

m INTRODUCTION.

Il en distribua la matière, comme il l'avait fait pour chacun des tomes précédents, en cinq livres et, sans suivre l'ordre chronologique, commença par le cinquième livre, celui dont l'objet était le récit de la guerre de Louis XIII contre les protestants (1619-1622). C'est, du moins, la seule partie de son ouvrage qu'il ait laissée, à peu près achevée, dans ses manuscrits, qui furent remis trois ans après sa mort, en 1633, par sa veuve au pasteur Tronchin. Elle est restée inédite jusqu'à nos jours. Nous la publions en supplément à Y Histoire universelle, dont les trois premiers tomes ont été donnés dans la collection de la Société de l'Histoire de France par M. de Ruble.

Le manuscrit.

Ce fragment du quatrième tome figure aujourd'hui dans le tome premier des papiers manuscrits d'Agrippa d'Aubigné, conservés au château de Bessinges, près Genève, dans la famille Tronchin. Sur l'inventaire de ces papiers, dressé le 27 février 1633, en présence de la veuve d'Aubigné et de Lafosse, fils naturel d'Agrippa, il porte la cote n° 15 : Préface et livres du tome quatriesme de l'Histoire universelle du sieur d'Aubigné, où défaillent les trois premiers livres et une partie du quatriesme; le tout est en 18 cahiers, dont les feuillets sont numérotés depuis 1 jusques à 287.

Dans la numérotation, les fragments, insignifiants, du quatrième livre ont été négligés ; la page 1 est la première page de la préface et la numérotation se poursuit jusqu'à la dernière page de la table, qui porte le numéro 287. Lorsque ces papiers furent reliés et cartonnés, à la fin du xvme siècle,

INTRODUCTION. vu

une foliotation fut inscrite à la marge intérieure de la page impaire. Dans cette nouvelle numérotation, notre fragment s'étend du folio 43 au folio 186 du volume Ier des manuscrits l .

Il comprend une préface de huit pages, commençant par ces mots : Voici le quatriesme de mes enfants, et quarante-deux chapitres sous ce titre général inscrit en haut de la première page : Livre cinquiesme du quatr. tome de l'Histoire universelle. Il se termine par une table des chapitres, qu'introduisent ces mots : Voici l'ordre qu'il faut donner aux chapitres lorsqu'on les mettra au net. Cette table est très utile, quelques chapitres ayant reçu successivement plusieurs numéros d'ordre, d'autres étant nés d'un démembrement du texte primitif d'un chapitre. Elle fixe le plan définitif de ce cinquième livre : nous l'avons suivi naturellement dans cette publication.

Qu'est-ce que d'Aubigné entendait par la mise au net de ces chapitres? Il est évident que dans son état actuel l'ouvrage n'est pas achevé. Le texte comporte des lacunes qu'il se proposait de combler, des additions marginales qui devaient prendre place dans le corps du récit, des raccords amorcés sommairement. On pourrait dire que d'Aubigné n'y a pas mis la dernière main, si cette expression n'était impropre.

Le manuscrit, en efiet, n'est pas de sa main. L'écriture d' Agrippa d'Aubigné est aisée à reconnaître. Elle est haute,

1. L'inventaire des papiers d'Aubigné est relié en tête du tome III des manuscrits de Bessinges. Read l'a transcrit dans le Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, année 1863, p. 467. L'édition Réaume et de Caussade donne un inventaire, très sommaire, des manuscrits de Bessinges, tels qu'ils sont actuellement, reliés en dix volumes. Voir t. V, p. 196-197.

Vin INTRODUCTION.

hampée, irrégulière. Or, notre fragment manuscrit de l'Histoire universelle est de deux mains, toutes deux différentes de celle de l'historien, par leur régularité, leur finesse, leur délié. Deux lignes à la suite de la préface, quelques notes marginales, quelques lignes en tête d'un chapitre sont tout ce que ce manuscrit nous offre de l'écriture d'Aubigné. Le reste est d'un, ou de deux secrétaires.

Les scribes ont-ils transcrit des brouillons, ou écrit sous la dictée de l'historien? Nous savons que d'Aubigné dictait volontiers. En Poitou, il avait dicté deux ouvrages1 à Mlle de Belléville, qui lui servait à'amanuense. L'examen des corrections de la préface indique manifestement que le scribe n'a pas corrigé des mots mal lus, mais qu'il a substitué à des mots, sans doute jugés insuffisants par l'historien, des termes plus pittoresques. On en peut conclure que ce texte a été généralement dicté par d'Aubigné.

Quoi qu'il en soit, l'inachèvement du travail se marque évidemment par les notes marginales non fondues dans le texte, par des lacunes, par des dates non complètes2, par un chapitre (celui de la paix de Montpellier) laissé en blanc. Quelques matériaux manquaient encore à l'historien; d'autres n'avaient pas été façonnés de manière à satisfaire son goût3.

1. Voir t. I, p. 447 : « A mes filles, touchant les femmes doctes de nostre siècle. »

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