‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 66 sur 224 · Chapitre VI11 [XI · texte numérisé non relu

Chapitre VI11 [XI

Manifeste et négociations de l'assemblée de la Rochelle.

Encore faut-il scavoir comment opéroit la plume quand le fertravailloit ainsi misérablement et est temps de déployer les manifestes, reglemens et négociations, telles qu'elles pouvoient être, d'un party surpris. Que si la bienséance eût exigé telles pièces avant les coups d'espée, excusez un parti qui receut la guerre et ne la délibéra pas.

L'assemblée générale de la Rochelle, à l'ouïe des canonades de Saint-Jean, estima devoir prendre l'autorité nécessaire pour toutes les fonctions qu'elle avoit a soutenir et, au lieu de commander précairement, ordonna des gouverneurs généraux et particuliers; donna commissions de tous offices d'armée, régimens et compagnies de cheval et de pied, et à ce faire fit former un cachet où estoit emprainte la religion et autour Pro Christo et Rege.

Après avoir emploie leurs commandemens au dedans du roiaume et à ceux qui avoient le fer à la main, il hastèrent aussi leur autorité vers les provinces sans armes, et puis mirent le nez dehors, pour voir ce qu'il en pouvoient tirera leur besoin. La consternation de tout le reste du roiaume fit qu'il n'y parut qu'impuissance et toute désunion, comme vous verrez

ci-après. Au dehors du roiaume, ils trouvèrent toute communion de sentimens esteinte, non seulement des estrangers à eux, mais des estrangers entre euxmesmes : plus apparament entre les luthériens et calvinistes, plus lâchement entre les calvinistes et ceux de leur religion. Il y avoit à Genève un de leurs plus vieux capitaines1, qui s'y estoit retiré pour les haines qu'il suportoit des ennemis du parti et des Rochelois au dedans, tant qu'ils espérèrent de la Cour. Cestui-ci, quoi qu'offensé par l'assemblée2, fut trouvé propre pour négotier au dehors, et pourtant on lui fit deux depesches par diverses voyes, la plus seure des deux fut hasardeuse, la première par l'ordinaire de Paris, l'autre par un des députez de l'assemblée nommé Avias, déguisé en gueux3. En ceste depesche y avoit lettres de créance pour le négociateur, desquels j'ai estimé vous devoir donner la teneur, comme aussi du manifeste qui commencea lors à paroître. Et voici la teneur de leurs lettres :

« Très-illustres et puissants Seigneurs. Les ennemis de Dieu et de la religion que nous professons, etc.. »

Ici faut insérer au long la lettre à Messieurs de Berne, le manifeste de l'assemblée, la négociation avec Mansfelt4 et le département des provinces.

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