‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 72 sur 224 · Chapitre X [VIII · texte numérisé non relu

Chapitre X [VIII

Secours du chasteau de Caumont et reprise de la ville par le duc du Mayne.

Sur le secours du château de Gaumont, le duc ne donna pas le loisir de tenir le conseil ni de délibérer; print ceste commission pour lui; monte à cheval4 avec

1. Dans le cant. du Mas-d'Agenais, à deux lieues de Marmande.

2. La ville et le château de Caumont, possessions héréditaires de la maison de la Force, en étaient sortis récemment par le mariage d'Anne de Caumont avec le comte de Saint-Paul, qui était du parti de la Cour.

3. Voir le récit de la prise de Caumont par escalade dans les Mémoires de La Force, t. II, p. 190 et suiv.

4. Cf. Mémoires de Fignoles : « La chose promptement mise en délibération, le secours est conclu. Et ce prince, prenant cette commission pour lui, monte à cheval... » Le reste du paragraphe est transcrit textuellement.

800 gentilshommes ou volontaires; mène avec soi les mareschaux de Roquelaure et d'Aubeterre et, pour fournir aux deux occasions, laisse Vignoles pour commander au siège de Nérac avec l'infanterie, l'artillerie et environ six-vingts chevaux, et ne print des officiers que Ghiverri, aide de camp, sur tout pource qu'il avoit grande conoissance de Caumont pour y avoir demeuré.

A sa première soirée qui fut à Damasan1, à deux lieues de sa besongne, il mande en toute diligence les regimens de Sainte-Croix-d'Ornano2 et de Barraut3 qui marchoient pour se joindre au siège de Nérac. Il leur donne rendé-vous le long de la Garonne sur le chemin du Mas-d'Agenois4; ordonne que de Marmande en diligence on lui mène contremont la rivière autant de batteaux armez qu'on en put équipper. Il en vint aussi quelques gens de guerre avec lesquels Ghiverri, depesché pour aprendre Testât des assiégez, eut le temps si à propos que, dez ceste nuit, il fit couler à eux trente bons hommes, et ainsi revint bien instruit de Testât du chasteau.

Le duc et les deux regimens arrivez en mesme temps à soleil levé, une heure fut emploiée à mettre les forces des gens de pied en bataillons, de la cavalerie en escadrons, faisant par tout, comme on dit, long bois, et marchant en ordre de parade comme pour se faire

Page 1