Jargeau, ch.-l. de cant. de larr. d'Orléans
4. Boubiers commandait la garnison de Jargeau, en l'absence de Sully, qui demeurait en Quercy.
avoir donné autre peine que la présentation du comte de Saint-Paul1, en quoi nous n'avons rien trouvé pour donner à notre lecteur que la peine de lire et du dédain; quand aussi Ghasteaurenaru2, qui estoit entre les places de Mariage, eut ployé et fait ce que pouvoit la place de guerre d'une femme, Vatteville-Montchrestien, avec quelques soldats de ces garnisons, se coula dans Sancerre.
Geste retraite de gens dans la ville, désagréable aux habitans, horsmis à fort peu qui eussent bien voulu montrer quelque veine du courage de leurs pères, donna pourtant occasion à Monsieur le Prince de faire un amas de 300 chevaux et 21,000 hommes de pied, et avec cela se venir loger à la veue de la ville, laquelle ne lui cousta que des paroles pour s'assujetir tant les anciens habitans que ce qu'il y avoit de refïugiez, par le moien d'un accord qu'il leur promettoit, qu'il n'y auroit aucun changement en leur estre et liberté : ce qui fut changé en une garnison et au démantèlement, non sans oublier de désarmer tous les habitans. Ce qu'il y eut de plus fâcheux pour le comte de Sancerre, qui avoit sollicité ce changement, c'est que Monsieur le Prince, sans avoir esgard à sa possession et proximité, le déposséda du château pour le mettre ez mains d'un des siens.
On a estendu le parchemin d'une autre guerre de
1. Le comte de Saint-Paul, gouverneur de la province d'Orléans, mit le siège devant Jargeau, qui se rendit au bout d'une semaine, sans combat.
2. Châteaurenard, ch.-l. de cant. de l'arr. de Montargis (Loiret), appartenait à la princesse d'Orange, fille de Gaspard de Coligny, et avait été mis au nombre des villes de sûreté. La garnison était de quinze hommes.
Sulli1 de même valeur que la première, horsmis le mal qui tomba sur quelques particuliers. Il est certain que quelques réfugiez de divers lieux et qui cherchoient l'abri partout où ils pouvoient aians esté receus à Sulli par Busion, capitaine du château, le marquis de Rosni2, désirant y mettre un homme à sa poste, pressa les réfugiez qui avoient la ville presque toute catholique contre eux de se retrancher au château et au parc ; où le prince de Gondé avec le comte de Saint-Paul les aiant surpris par sa diligence, Triné, qui n'avoit qu'une barricade pour opposer à deux canons, dez la seconde volée quitta : quelques-uns des siens, prenans le chemin de la rivière, furent tuez sur le bord ou noyez; les autres se retirèrent en un retranchement plus proche du château.
La duchesse de Sulli, comme n'estant pas maîtresse de sa maison, s'estoit logée dans la ville, où fut receu le Prince et son armée, et d'où furent préparez six canons contre le château, dans lequel estoient le cadet de Briquemaut3 et Busion : ceste place ne consistant qu'en un corps de logis, et n'estant équippée que par des oiseaux de passage, ceux de dedans furent bien aises de recevoir une capitulation, par laquelle on leur permettoit de sortir avec leurs armes et chevaux, bagages et butins. Quelqu'un disant à xMonsieur le Prince que ceste capitulation estoit trop favorable, il répondit qu'il ne vouloit gaster le parc à coups de canon, désirant l'achepter.
t. Sully-sur-Loire, ch.-l. de cant. de l'arr. de Gien (Loiret).