‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 83 sur 224 · Lectoure était une place de sûreté très forte · texte numérisé non relu

Lectoure était une place de sûreté très forte

Blainville1 par la faveur que son frère avoit grande auprès du Roi. Gestui-ci aiant esté ainsi choisi soubçonnoit d'estre soubçonné ; pour à quoi remédier, dez le commencement des mouvemens, sans qu'il en fût requis, desclara avec sermens extraordinaires aux principaux de la ville et notament au Consistoire vouloir ensuivre les reglemens de l'Assemblée générale, à quelque extrémité qu'ils se pussent porter, et se conduisit selon ses promesses jusques au commencement de l'esté.

Mais durant le siège de Nérac, estant convié pour le secours, très facile quand il n'y avoit que Vignoles, et d'ailleurs aiant les mains croisées pour se préparer au siège de sa place, sa défection commencea de paraître; et fut descouvert qu'il avoit envoie le capitaine Marcoux dans Nérac pour travailler à la reddition . comme aussi on désespéra de lui, le voiant ne prendre conseil que de trois hommes connus pour infidelles au party.

Blainville donc ouvre ses portes au duc du Maine, et son frère, traitant de sa recompense, la fit faire en secret.

Moucaud, gouverneur de Leyrac2, marcha de mesme train que Blainville, conférant avec lui journellement et par escrit. Un des sermens de ce gouverneur, preste sans en estre requis, en allant communier à la cène, fut que le morceau qu'il aloit prendre lui fust le morceau trempé de Judas, s'il se despartoit de l'Union des

1. Tanneguy de Varigniez, seigneur de Blainville, avait été député en 1615 par les églises de Normandie à l'Assemblée de Grenoble. Le roi lui avait donné, en 1620, le gouvernement de Lectoure. Voir Mémoires de Richelieu, t. III, p. 99.

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