‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 84 sur 224 · Layrac, cant. d'Astaffort, arr. d'Agen · texte numérisé non relu

Layrac, cant. d'Astaffort, arr. d'Agen

Eglises et reiglemens de l'Assemblée. 11 y ajoutoit ceste imprécation, qu'il fust percé de cent coups de poignard, s'il traitoit tant soit peu pour son profit particulier au préjudice des Eglises et spécialement de celle de Leyrac. Et ces sermens n'estoient que pour toucher deux cens escus qui dévoient aller à l'Assemblée. Sa première mauvaise marque fut qu'il retardoit les fortifications et puis qu'ouvertement il mit trente soldats de contraire religion dans sa citadelle, et enfin renoncea par déclaration expresse à l'Assemblée. Gela fait, il va voir le duc du Maine devant Nérac. De là, va trouver le connestable de Luines qui estoit encores devant Saint-Jean-d'Angéli. On lui avoit promis (ou lui à soimesme) la capitainerie du château de Nérac, moyenant quoi il s'engageoit de promesse de faire consentir les habitans à la reddition.

En chemin faisant, il conféra avec La Garde1, gouverneur de Tonneins, et se fit porteur de ses mémoires pour mesnager la reddition de ceste place. Enfin, il conclud à celle de son gouvernement, à vingt-quatre mille livres, obtint la commission pour le démantèlement, le don du débris, et en fonds la place des fortifications. Tout cela lui a esté vain, horsmis quelque petite partie de l'argent, frustré du reste par le mareschal de Roquelaure, qui mit lui-mesme la main au démantèlement, et traita cestui-ci comme ennemi, pour s'estre bandé contre lui en disputant le prieuré de Leyrac.

1. La Garde, gouverneur de Tonneins-Dessous, avait juré fidélité à l'Assemblée de la Rochelle le 5 lévrier 1621. Voir Actes..., p. 27.

Rapin1, gouverneur du Mas-de- Verdun2, une des plus anciennes places de seurté, et conséquentieuse, comme un des passages de Garonne, avoit envoie en Cour, et sur des responses douteuses donna sa place au duc du Maine, marchant droit à lui au sortir de Nerac. Cestui-là surpris plus en marchandise qu'en guerre Put traité avec tout mespris.

Maravat3, gouverneur de Mauvaisin4, et qui de long temps, comme depuis la paix de Chasteleraud5, avoit eu intelligence avec les ministres de l'Estat en ses députations, traita de bonne heure, et Du Bourg, gouverneur de l'Isle en Jourdain0, s'estant uni avec lui en toutes choses, se firent payer de bonne heure et eurent chacun douze mille escus. Le duc du Maine receut toutes ces places et en fit commencer le démantèlement quinze jours après Nérac rendu.

Le baron de Lézignan7, gouverneur de Puimirol8, aiant suivi mesme train que Maravat à la fin de l'As-

1. Pierre Rapin, seigneur de Mauvers, gentilhomme du prince de Condé.

2. Bourg situé à vingt-quatre kilomètres au nord-ouest de Tonneins.

3. Paul de Luppé, seigneur de Maravat, capitaine de chevaulégers, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, était gouverneur de Mauvésin depuis 1606.

4. Mauvezin, à vingt-quatre kilomètres au nord-ouest de Lombez (Gers).

5. La paix de Châtellerault est de quelques mois antérieure à l'Édit de Nantes (1598). Voir t. VÏII, p. 283 et suiv.

6. Ch.-l. de cant. de l'arr. de Lombez (Gers), à vingt-deux kilomètres au nord-ouest de cette ville.

7. François, baron de Lusignan, dans l'Agenais, avait été député de la Basse-Guyenne aux Assemblées de Jargeau (1608), Saumur (1611) et Grenoble (1615).

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