‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 98 sur 224 · Voir ci-dessus, p. 92, n · texte numérisé non relu

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4. La « palissade » de Brouage, comme l'appelle Guillaudeau, fut établie le 26 novembre.

Tan 1621, qui se trouvèrent assez bien choisis pour porter ce fardeau, avoient mis de bonne heure la ville au travail et emprunté une somme notable au duc de Sulli, prins quelques conseils de lui, qui estoient bons ou mauvais, selon que l'espérance ou la peur régnoit en lui. Ils ne suivirent pas son avis de former un corps de pareille autorité que celui de la Rochelle, mais autorisèrent l'Assemblée en tout et par tout : et l'Abrégé de l'Assemblée ne croiant pas avoir assez de pouvoir fit assembler en forme de cercle le haut et bas Querci et autres voisins, plus selon le pouvoir de s'y trouver que selon les anciennes reigles.

Là s'estoit trouvé le comte d'Orval1, esleu général du pais, à qui on donna une compagnie de chevaux légers : trois autres à Reniés2, Mombartier et Savignac, avec quelques troupes de mousquetaires à cheval et un regimen de gens de pied. Orval entra en possession de son gouvernement à Montauban au commencement de juin, et bien tôt après, le duc de Rohan avec le périll que nous avons dit, lequel n'eut pas beaucoup de loisir d'y establir l'ordre qu'il eut voulu, mesmes lui fallut démordre Sept-Fons3 à l'aproche des forces du Roi. Donc, aiant tracé quelques fortifications et fait le devoir de généralissime (car dès lorz le duc

1. François de Béthune, comte d'Orval, était fils de Sully. Il avait épousé, en 1620, Jacqueline de Caumont, fille du marquis de la Force.

2. Pierre de Latour, seigneur de Reyniès. Il mourut assassiné en 1623.

3. Septfonds, Tarn-et-Garonne, arr. de Montauban, cant. de Caussade. Voir, sur cette affaire, les Mémoires du marquis du Gastelnau, t. IV, p. 179.

de Bouillon s'en départoit), establi l'ordre des finances, le comte de Bourgfranc1 maréchal de camp, d'Adde sergent de bataille, harangué le peuple efficacieusement2, passe à Castres d'Albigeois3.

Au mesme temps arrive à Montauban La Force, accompagné de trois de ses enfans; les fils et le père assez mal receus au commencement, comme coupables de la perte du Béarn, mais depuis trouvez très utiles, et qui ont contribué la plus-part des bons mouvements et fermeté du siège.

Le comte d'Orval revenant de Castres, où il avoit accompagné le duc de Bohan, suivi de quatre-vingts chevaux, rencontra auprès de Septfons cent cinquante hommes des garnisons voisines : cela fut aussi tost meslé que reconnu et aussi tôt rompu que chargé. Murât Bras-de-Fer, qui les commandoit, y fut tué vingtiesme, et le comte perdit Montredon4 et trois autres des siens. Sur le poinct que le duc de Sulli, son père, rendit ses places, comme nous avons dit, on ne voioit que messagers de sa part pour distribuer les conseils qu'il apeloit salutaires. Ceux de Montauban n'y daignent respondre ; font deux conseils, l'un de guerre, l'autre de police; destruisent les fauxbourgs, travaillent aux esplanades.

1. Mazères, investi par le duc de Savoie du titre de comte de Bourgfranc. Il fut tué le 4 septembre dans l'attaque du duc du Maine.

2. Voir sa harangue dans Y Histoire particulière du siège de Montauban, p. 14-16.

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