Ch.-l. d'arr. du Tarn
4. Tous ces détails sont empruntés textuellement à Y Histoire particulière, p. 20.
Il n'y eut que quelque ecarmouche attaquée auprès de Corberiou, où les Montalbanois perdirent Pechels, mort, et Dariat, prisonnier.
Le maréchal de Themines, estant maître de Caussade, traite violemment avec Saint-Antonin1, et en particulier avec Penavaire, qui avoit esté jusques à Nègrepelisse parler au duc du Maine, et là receu une promesse de 6,000 livres. Gestui-ci commandoit une des deux compagnies de la ville, vieil soldat, estropié de tous ses membres, et qui ne portoit à la guerre que les yeux et la langue : ses playes et sa longue fidélité l'avoient apauvri, mais non diminué son crédit parmi les gens de guerre du pais. Gest homme retournant à Saint-Antonin, comme l'un des principaux lui demande en quel estât estoient les affaires : « Montauban traicte, dit-il, nous n'avons de quoi tenir, voilà une lettre que Monsieur de Sulli en escrit à nos consuls » . Il baille pour la lettre la promesse de 6,000 livres avec les conditions qu'il amèneroit les habitans à la reddition et soumission. Incontinent, le voilà saisi de honte et de confusion, il rejette la coulpe sur ses collègues, les appelle diables qui l'ont précipité en ce piège, jure de renoncer aux promesses du duc, découvre tout le mystère et résoud les autres à la fermeté qui parut à Saint-Antonin2.
Il arriva à Montauban une nouvelle qui fit aussi un contraire effet au but qui la faisoit publier. Ce fut la
1. Saint-Antonin, ch.-l. de cant. de l'air, de Montauban, sur l'Aveyron.
2. Tout ce récit de la tentative de trahison de Penavaire est emprunté presque textuellement à Y Histoire particulière..., p. 22.
prise de Glairac, les meurtres, pilleries et quelques violemens y arrivez; les penderies, notament celle du ministre, duquel on sceut aussi les derniers propos; l'histoire des batteaux; toutes telles choses, au lieu d'estonner ce peuple, lui firent grincer les dents et fermer le poing, premièrement au travail et fortifications.
On descouple, pour amollir ces gens-là, deux ducs faisans profession de leur religion, premièrement celui de Sulli qui travailla par longues et persuasives lettres, auxquelles on fit courte et dédaigneuse response1; l'autre, par l'envoi du ministre de Vilemur2, qui ne receut que menaces et reproches, et son maistre, le duc d'Esdiguières, passant par la forêt de Montesch3, faillit à rencontrer Vignaux4 en embuscade, laquelle arrivée tard, passa sa colère sur les arquebuziers qui venoient de l'escorte et en tue quelque douzaine5.
Ceux de Montesch avoient des prisonniers de Montauban qu'ils tuent de sang-froid, et le mesme soir, Rouffie, aiant repris par force le fort de Gorberiou, fit tuer tout ce qu'il y trouva de Montesch.
A la mi-aoust arrivèrent de tous costez à Montauban lettres adressantes à La Force, au comte d'Orval, à Bonencontre6, chef du Conseil de police, aux consuls,
1. Le texte de cette lettre se trouve dans Y Histoire particulière..., p. 21-25.