René de la Grezille, s. de la Tremblaye
178 HniomE imnriRSKLLE, [1597
entreprise qu'il avoit sur GuerrandeS de laqudle le chemiD estoit eaclaîré de plosieurs places liguées et d'ailleurs obligé dans le destroit de deux rivières, Loire à gauche et la Vilaine à droite. Gomme La Tremblaye pensoit loger à Messillac, il trouve daos le pays refBrx)i qu'y apportoit la compagnie du marquis de Belle-Isle^, lors très forte» et que le peuple avoit pris pour l'armée mesme. Ge jeune capitaine tint conseil le cul sur la selle, et, contre l'avis des plus vieux, raisonna ainsi : c Si nous tournons visage, nous ne pouvons nous sauver à tirer de longue, harassez comme nous sommes; nous aurons les compagnies de dievaux-légers, qui auront leur département sur nostre diemin^ ameutez et en ordre sur nos trousses, et à leur cul la cavalerie de l'armée. Mais , si nous donnons témérairement dedans le logis du général, deux cents harquebusiers et cent vingt maistres que nous avons, pour le moins y porterons-nous de la confusion, avantageuse aux plus fbibles, et l'espérance du désespéré. Ceux qui n'y cercheront pas la mort ou la victoire, comme je ferai, s'eschaperont mieux à pièces descousues qu'apelans en gros tout à soi» Pour moi, le dernier avantage que j'y trouve, c'est d'y mourir sans avoir tourné le dos. » Les plus courageux consentent à cela par gayeté de coeur, les autres par compagnie. Ainsi, cent trente maistres du marquis, n'ayans qu'un pied à l'estrié, furent emportez sans ordre et avec peu de meurtre, mais avec quarante prisonniers, deux cents chevaux pris et un grand ati-