‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 186 sur 317 · LIVRE QUATORZitaE, GHÀP. XXVm. SS · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZitaE, GHÀP. XXVm. SS

par ce moyen, sans estre descouverts. Ils arrivent vers la minuict auprès de la ville et mirent sur le ventre, dans les jardins, quelques honmies choisis, tout contre ce qu'ils appellent Rondeel. Là, ils attendent la lune à coucher. Aussi tost ils vont présenta à jeu descouvert une escalade vers TOninghepoorte, et en font autant à celle de Thospital. Cependant, ceux que nous avons laissez sur le ventre se coulent dans le fossé de la ville, garnis de congnées, de scies et autres choses propres pour mettre bas la palissade devers le nord, n'y ayant que cela à faire pour entrer du cimetière au rempart. Le capitaine Zanthen, qui, avec trois cents hommes, avoit la pointe de cet affaire, gagna le rempart, et n'y Ait guères que les deux corps de garde des deux costez, s'estans r'alliez au premier cri de la sentinelle, accreus encor de quelques bourgeois, qui, demivestus, se jettèrent à l'alarme, ne donnassent la teste baissée à Zanthen et ne le poussassent jusques à la troupe qu'il soustenoit, menée par Malagamba, aussi tost renforcée du capitaine Herman^ Ces deux, avec six cents hommes par les deux costez, prindrent le combat, qui fut de trois quarts d'heure. Mais ceux de la ville, faisans de nécessité courage, se bâtirent si opiniastrément qu'ils poussèrent les surprenans dans le fossé, et la résolution d'emporter les morts en augmenta le nombre, qu'on dit avoir empli dixsept chariots; et est notable qu'ils furent moins soigneux d'emporter leurs eschelles, haches et autres instrumens.

i. Herman van Ens.

Si56 mSTQIRE UmVERSlLLE.

Plus heureuse ne fut l'entreprise du prince sur Yenloo; elle consistoit en deux navires, desquels le plus petit, mené par le capitaine Mathis^, gagna bien le quai et la porte; mais le second ne pouvant arriver à temps, les bourgeois accourus les chassèrent, favorisez de force mousquetades que tirèrent les navires du port. Le capitaine et la moitié des siens y donnèrent; les Anglois r'apportèrent le lieutenant estropié.

Le roi d'Espagne prit lors un merveilleux désir de faire venir les Estais à composition. Pour cet effet, il fit jouer les ressorts de plusieurs princes, marcher un ambassadeur de Poulongne^ et un agent de l'empereur'; l'un et l'autre meslans avec leurs douces persuasions d'accord quelques menaces de la part de leurs maistres. Les envoyez furent reçeus honorablement; mais leur response fut simple, assavoir qu'ils estoyent confédérez avec le roi de France et la roine d'Angleterre, sans lesquels ils ne pouvoyent rien commencer ni mesmes les convier d'y entendre, et, partant, ils prioyent Leurs Majestez de n'entreprendre point un affaire si difficile et les tenir pour excusez.

Il est temps de voir quel profit les Estats tirèrent du voyage du cardinal en France. C'est qu'à la fin de septembre ils eurent une armée sur pied, garnie de ce qu'il faloit; et, ayans délibéré d'oster aux Espa-

Page 1