Le duc de Mercosur
272 HISTOIRE UmyiRSBLLE.
gnoyent plus de haine; Tun estoit une chambre criminelle, laquelle jugeoit et exécutoit au feu les prisonniers réformez, qui, ne pouvans payer grosse rançon, choisissoyent la mort plustost que la messe.
L'autre excez fut le massacre de la Ghastaignerais^ La conscience, qui redoutoit telles choses, hasta de composer et se rendre. Mais il faut noter qu'il y avoit deux styles différents aux édicts, car les uns traitoyent par mutuelle conférence, les autres par requestes et suplications, aux articles desquels on mettoit accordé. En celui d'Hurtaut, de cette dernière condition, on lui octroyé Toubliance de ce qui s'est fait pour les finances des prises, fortifications et rasemens de maisons, des morts d'huguenots (car ce terme y est), quoi qu'il n'ait pas esté déféré aux appellations des hommes, femmes et enfans tuez à la Ghastaignerais et puis des excez faits par tous les particuliers.
L'accord du Plessis de Gosme^ suivit cetui-là et y adjousta lettre d'abolition, et cela achevé au conmiencement de mars 1598.
En mesme temps, le duc de Mercoeur vid desmancher ses compagnons et sçeut que le roi, n'ayant plus à faire qu'à lui, venoit à Orléans. Il changea son traité d'apparence en un d'effect, envoyé premièrement la duchesse sa fenune, et, sur les promesses verbales qu'elle lui asseura avoir receuës du roi, joint aussi
i. Le 8. de Saint-Offange, gouverneur de Rochefort, avait fait massacrer, trois ans auparavant, une foule de réformés paisibles qui se rendaient au proche de La Ghasteigneraye (De Thou, Uv. GXX).
2. Les députés de Pierre le Gomu, s. du Plessis-ie-Cosme, furent reçus à Thoury, en Beauce, le 21 février 1598.