LIVRE QUATORZIÈME, GHÂP. XXIX
que sur ce point-là survint la prise de DinanS faite, par ceux de Sainct-Malo, et les intelligences de cette ville, lassée de se voir sans trafic, les murmures des Nantois, que les craintes instruisoyent à leur devoir. Gela et autres accidens de telle sorte piquèrent le duc à s'aller jetter aux pieds du roi, arrivant dans Angers, et obtint le dernier édict de son parti ^.
Cet édict, après la clause pour la religion, esloignée de trois lieues de Nantes, pourvoyoit comme les autres aux offenses générales, entr'autres d'avoir donné grâce et tenu des Estats. Le duc prend pour son particulier un respit d'un an à toutes ses debtes et fait abolir les offenses qui touchent les particuliers. Tout cela achevé, vérifié et émologué dans la fin du mois de mars 1598.
i. Le marquis de Goasquin, gouverneur de Saint -Malo, de concert avec le maréchal de Brissac, se rendit maître de Oinan le 5 février 1598. Les Mémoires de la Ligue (t. VI, p. 570) contiennent l'acte de capitulation de Oinan.
2. Le 28 octobre 1596, le roi avait rendu une ordonnance contre les ligueurs qui suivaient encore le duc de Mercœur en Bretagne (f. fr., vol. 4019, f. 382). En octobre 1597, le duc de Mercœur accepta une trêve avec les troupes royales (Pièce du 17 octobre, réimprimée dans les Mémoires de la Ligue, t. VI, p. 544). Enfin, le 2 mars 1598, Mercœur se soumit à Henri IV. On conserve dans le fonds français, vol. 4019, f. 399, une copie des articles secrets qui lui furent accordés. L'ordonnance rendue par le roi en raison de la soumission de ce prince est imprimée dans les Mémoires de la Ligue, t. VI, p. 578, et fut enregistrée au parlement le 26 mars suivant (Oe Thou, liv. GXX).