Aduner, réunir
316 mSTOIRS UmVERSELLE. [1600
de leur part. Le roi, adievant le discours, dit que ses armes estoyeut obligées de maintenir en cet endroit l'honneur et Tintérest du royaume; le premier pour la foi donnée et Tautre pource que les Genevois estoyent tant considérables en leur droit et en leur vigueur, qu'il valoit beaucoup mieux à l'Estat de France les protéger que de les voir aux ennemis de la couronne ; que, s'ils lui demandoyent secours, il ne les en refuseroit pas. Â cela furent joints les soupçons que le duc voulust faire planche de Genève pour reconquérir ce qu'il prétendoit lui avoir esté osté par les Bernois, en les rendans plaintifs et ennemis des François.
Ce chemin estant fermé, il se fit plusieurs autres ouvertures : comme par le chancelier de prendre la Bresse en récompense; par le duc la conqueste de Milan et la brigue de l'empire, à quoi il promettoit ses forces et secours à ses despens, sans autre récompense que ce qu'il possédoit dès lors. Le roi refusa le présent de deux guerres, aimant mieux travailler à ce qui lui estoit plus juste et plus certain.
Il faudroit un traitté à part pour déduire jusques à la fin les pointes et souplesses que fit paroistre ce duc. Tant y a que, trouvant des esprits aussi serrez que le sien, les seigneurs, qui l'avoyent accompagné, lui reprochèrent son voyage sans leur avis ; lui conseillent de deux choses l'une, ou de contenter le roi, ou, par une fuite bien concertée, gagner la Franche- Comté, la Bresse et son pays. La crainte et la honte l'en retienent. Le roi et lui en vienent là, que le duc, voulant prendre le sentiment de ses subjets, demande trois mois de terme, qui lui furent accordez sous