‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 234 sur 317 · Abel de Béranger de Morges · texte numérisé non relu

Abel de Béranger de Morges

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avant la capitulatioD signée; et puis, par une honte de sortir sans drapeaux, tirèrent et se résolurent à une nouvelle deffense. Lors, la batterie estant recommencée, ils redemandèrent la première capitulation, qui leur fut accordée, et les fit sortir au nombre de deux cens. Toutes ces choses achevées au commencement de septembre, sans qu*il eut paru aucunes troupes du duc pour incommoder les assiégeans; et le roi, ayant quelque indisposition, et d'ailleurs voulant tourner ses pensées aux afhires du mariage parmi les armes, s'en vint à Grenoble, laissant à Lesdiguières les troupes, qu'il avoit fortifiées du régiment des gardes, des Suisses et de quatre canons, pour adiever de conquérir le pays.

S'estant logé, sans contredit, à Briançon, il trouve ceux du pays retirez dans une roche ou grotte, à demi-hauteur de la montagne, qui avoit pour porte un pertuis de deux pieds de large. Il trouva moyen de briser à coups de canon un des costez de la roche, laquelle les soldats ne virent pas plustost égrignée qu'ils grimpent sans commandement, et, passans par des lieux où jamais homme n'avoit monté, ils effrayent par leur résolution la populace qui gardoit l'avenue, estropient le capitaine qui estoit à la deffense, et se jettent dedans le trou, le pillage les poussant à la témérité ; laquelle fut cause que Montiers, qui estoit la principale de ces vallées, ne voulut attendre aucun effort.

La prière de ceux de Genève et leur assistance firent de là tourner à ce fort Saincte-Catherine * , duquel

' i . Le fort 8ainte-Gatherine était bâti à deux lieues de Genève.

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