‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 235 sur 317 · LIVRE QUINZIÈME, GHAP. IX. 3S · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME, GHAP. IX. 3S

nous avons parlé ci-^levant. Le duc y avoit employé ses finances et les finesses de ses ingénieux, au raport desquels c'estoit un proverbe commun dans le pays qu'il ne falloit à la défense de ce fort que des femmes et des enfans. Il fut dèslà aproché de compagnies, non investi, et attendra la venue du roi pour en dire le succez.

GHAPrrRE IX.

Suite de la guerre de Savoye.

Alphonse de GasaP, ambassadeur d'Espagne en Suisse, quelque remonstrance qu'il eust de Taxis ^, qui l'estoit aussi près du roi, pour n'engager point leurs maistres, demande pourtant en son nom une levée de six mille Suisses; tantost disant que c'estoit pour garder l'Ëstat de Milan, et quelquefois que son maistre estoit trop grand prince pour voir périr les affligez sans secours. Il y eut pour cela diverses harangues de cette part aux cantons, et, de l'autre part. Vie et le président Yiliers^ (ceux-là ayans empesché le général consentement) ne peurent tant faire que les petits cantons ne promissent la levée aux premières nou-

i . Alphonse de Gazale se trouve cité dans les UUres de Henri IV, t. V, p. 686, comme ayant fait déliyrer une certaine somme d'argent au maréchal de Biron.

2. Jean-Baptiste de Taxis, ambassadeur d'Espagne auprès de Henri IV, de 1598 à 1606. Sa correspondance est conservée aux Archives nationales dans la série K. 1602 à 1607.

3. Antoine Seguiér, s. de Villiers, avocat du roi, président au parlement, ambassadeur de France à Venise.

330 msToms uioverssllb. [1600

velles du comte de Fuentes, qui n'en tira pas graode utilité.

Le roi, estant averti de deux assassins envoyez pour le tuer et ayant reoeu les pourtraits, se souvint bien d'en avoir veu un à sa messe et à son disner ; mais, la peur de la punition ayant chassé telles gens, ce prince fit bien plus de cas des avertissemens ordinaires qu'il recevoit contre le mareschal de Biron, lequel, ayant proposé en soi-mesmes de faire de l'armée à son plaisir, estoit outré de rage de se voir des compagnons en l'armée et mesmes qui rendoyent faciles les choses qu'il avoit jugées impossibles. En ce rang estoit sur tout l'attaque de Mommélian, que, contre l'avis commun, Lesdiguières entreprit, se faisant fort de payer l'armée à ses despens s'il n'en mettoit le roi en possession dans le mois. Cet offre d'un tel capitaine ne fut pas de petit poids contre ceux de la cour, desquels la pluspart vouloyent faire desmordre ; et ce fut pourquoi le roi en confia l'exécution à celui qui avoit hardiment conseillé. Ce fort est précipiteux par tout, horsmis du costé de la ville, où il est deffendu de cinq bastions bien revestus, avec flanc de bonne proportion, de grands fossez taillez en roc; et la hauteur de la croupe, où est la situation, avoit fait perdre à beaucoup de gens l'opinion qu'il y eust aucun moyen de batterie. Ce fut à quoi Suilli, grand maistre, monstra du jugement, trouvant moyen de placer quarante canons, de nul desquels le coup ne se pouvoit dire inutile. A cette aubade, le comte de Brandis ^ com-

1. Jacques de Montmayeur, comte de Brandis, gouverneur de Montmélian, se retira en France après la capitulation de la place qu'il était chargé de défendre. li passa de là à Brandis (Suisse),

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