René de Luzinge, s. des Alymes
3. Le cardinal Aldobrandin arriva & Lyon le 16 décembre i600.
4. Guillaume Fouquet, s. de La Varanne, chargé des messageries du roi de Navarre, capitaine du château de Lombez, plus tard contrôleur général des postes et conseiller d'État.
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Gomme le légat, le patriardie et les ambassadeur de Savoye d'um oosté, le conseil de France de Tautre, travailloyent assidueilement à la paix^ la nouvelle vint que ceux de Genève s'estoyent jettez au rasement du fort Saincte-Gatherine avec telle diligence que» dans vingtquatre heures, ils eurent mis les fondemens au vent. Le légat se mit en des fougues qu'on n*eust pu attendre de lui et s'eschaufia en reproches et menaces contre les députez du roi. On trouve estrange cette passion pour chose dont il n'avoit point parlé, comme aux négociations on ne met point le premier au vent ce que plus on affecte. La vérité estoit qu'au contentement du pape à réparer la gloire du duc, et pour employer Tarmée qui estoit sur pieds, on pensmt faire de Genève un sacrifice désiré, de bonne odeur aux François mesmes qui traittoyent. D'ailleurs, le mareschal de Biron, devant avoir Genève en partage, faisoit estât de ce port et de la citadelle de Bourg, que Bouvans a voit diarge de rendre à lui seul, pour faire munitionner et l'un et l'autre aux despens du roi avant se déclarer.
Après que le légat eut déclamé contre la désobéyssance au pape, contre le maintien d'une ville desbaudiée du saint-siège, contre le nom de très-chrestien, menasse de repasser les monts sans rien faire, ceux qui traitoyent pour le roi, fortifiés de Lesdiguières et du duc de Suilli, remonstrent que ce grand désir, pour con* server Sainct-Gatherine, n'a voit point esté dédaré au
1. Les négociations pour la paix ne furent reprises qu'après le 25 décembre 1600 par les députés du roi, Jeannin et 8illery, et par ceux du duc de Sayoie, d'Ârconat et des Âlymes (De Thon, Uv. CXXV).
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roi, que la menace de rompre lui est avantageuBe, pour voir tous les capitaines de la France regarder ce traité de paix à contre-coeur. D'ailleurs le roi d'Angleterre^ lui offrit nouvelles assistances à ses despens» les Provioces-unies prestes par mer et par terre à troubler l'Espagnol plus que jamais, et les princes d'Âlemagne, qui se convient à cueillir quelque gloire dans les victoires du roi. Le légat tesmoigna tant de colère et de fulminations que, chacun tenant la paix pour rompue, Lesdigui^^es se fait fort de passer les monts au miMS de mars prodiain et Suilli de rendre cinquante canons et deux milions d'or à l'armée. Ce ftit lors que les François, qui n'avoyent rien d'Espagne, desdiargèrent leur CQ^r contre ceux qui, par leurs menaces ordinaires, coupoyent la gorge aux victoires du roi, disans ainsi : c Est-il donc vrai que le projet et heureux commencement du plus grand capitaine de l'Europe, les labeurs et les espérances de tant de grands diefs de guerre sous lui, la vertu des soldats françois invincibles aujourd'hui, le vœu de tous les gens de bien, la contribution de tant de princes estrangers, le désir mesmes des Italiens qui ne sont point espagnols, la terreur des autres et plus que tout la bénédiction de Dieu, commencée sur nous, s'en aille en fumée et en vent, pource qu'un prestre, qui a tant fait de maux à nostre roi et qui n'en a perdu la haine que par la peur, jette son caducée entre nous et nos ennemis? >
Gomme les uns et les autres s'ameutoyent à ce gepgon, les confesseurs en retirèrent la plus part des catholiques, les Espagnols et Savoyards prient à
i« Sons ce vocable, le rot d'Àngkterre, d*Aubigiié désigne ici la reine Elisabeth.
344 HISTOIRE UmVERSELLE. [1600
jdntes mains le légat de reprendre les erres de la paix. Pour à quoi parvenir, il envoya quérir Suilli, qu'il avoit auparavant refusé rudement au traité, le prie de parler au roi pour faire quelque récompense pécuniaire en la place du fort. Suilli, se sentant obUgé par ceste recerche et mesme des excuses que le légat lui faisoit, pousse à la roue pour la paix. Il estoit venu deux lettres du duc, Tune qui commandoit de signer les articles et l'autre qui, delà à quatre jours, le deffendoit. Les Espagnols craignirent lors Topiniastreté du Savoyard et se rendirent avec le légat et le patriarche, obligés à garantir les députez si leur maistre les desdisoit. Quant au roi, les prières et remonstrances des siens, son courage naturel et le beau jeu qui lui venoit, tout cela ne put rien contre une menace des assassins qui, par Toreille, lui refroidit le coeur.
Ces longueurs furent cause que la citadelle de Boui^ se rendit, sur la confection de la paix, après que les gens de guerre y eurent enduré une grande et honorable faim; cette place mise entre les mains de Boisse- Pardaillan^ contre les espérances de plusieurs (dernière colère du mareschal de Biron, qui le fit eschaper et mettre au vent, par reproches et menaces, les autres qu'il avoit estoufées).. Toutes ces choses, arrivées sur l'année nouvelle, sont hors de nostredessein, lequel nous n'estimons pas violer en parachevant les matières où nous sommes engagez sans en entamer de nouvelles, hovmisV Appendix que nous avons promis au commen-
1. P. d'Escodeca de Boisse-Pardaillan (De Thou, liv. GXXV). Voyez, au sujet de la nomination de ce capitaine au commandement de la citadelle de Bourg, les pièces ajoutées ^ux Mémoires de la Force, t. I, p. 320.
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cément. Et, si oo trouve estraoge que oous n'ayons mis cette guerre aux affaires d'Italie, faut savoir que le marquisat de Salusse, pour qui elle se fit, estoit du royaume et non d'ailleurs.
Ghapftre XL
Paix de Savaye^.
Cette paix, publiée à Lion au commencement de l'an 1601 , porte un nouveau partage de la France et peut servir de tiltre pour esteindre plusieurs disputes. C'est pourquoi nous l'avons estimée digne d'estre insérée en ce lieu. Les articles estoyent donc tels, arrestez aux premiers jours et publiez le dixseptiesme de l'an 1 601 .
Article premier.
Que ledit sieur duc cède, transporte et délaisse aud. sieur roi et à ses successeurs, rois de France, tous les païs et seigneuries de Bresse, Bauge et Yersoné^ et généralement tout ce qui lui peut appartenir jusqu'à la rivière du Rhosne, icelle comprise. De sorte que toute lad. rivière, dès la sortie de Genève, sera du
1. Le traité de paix entre la France et la Savoie fut conclu le 17 janvier 1601. Ce traité, que d'Aubigné ne publie qu'en partie, est imprimé en totalité par Dumont, Corps dipUnnaiiquê, t. IV, partie 2, p. 11. Le 26 fut chanté à Notre-Dame un Te Deum en l'honneur de la conclusion de la paix (Relation de la cérémonie, f. fr., vol. 18529, f. 174).
2. La Bresse (Savoie), Bauge et Versonnez (Haute- Savoie). — La Popelinière a écrit VHistoire de la conqueste des pays de Bresse et de Savoie^ 1601, in-12. D'Aubigné, malgré son antipathie pour La Popelinière, a fait de fréquents emprunts à ce récit.
346 HI8T0IRB mflYKRffiLLE. [1601
royaume de Frftoce et appartiendra aud. sieur roi et a ses Micoessaurs. Et sont lesd. païs cédez, ainsi que dessus, avec toutes leursapparteaaDces et dépendances, tant en souveraineté, justice, seigneuries, vassaux et subjects, et tous droits, noms, raisons et actions quelconques, qui pourront apartenir audit sieur duc esd. païs, ou à cause d'iceux, sans y rien réserver. Sinon que, pour la commodité du passage, demeurera aud. sieur duc le pont de Grefîn sur lad. rivière du Rhosne, entre Tescluse et le Pont d!Arle, qui, par le présent traité, appartiendront audit sieur roi. Et par delà le Rhosne demeureront encor audit meur duc les parroices du Lez, Laveran et Ghezay, avec tous les hameaux et territoires qui en dépendent, entre la rivière de Vaceron^ et le long de la montagne appellée le grand Credo, jusques au lieu appelé La Rivière. Et, passée ladite rivière de Yacerones, demeure encore audit sieur duc le lieu de Mingre-Gombes, jusques à Tentrée plus proche pour aller et passer au comté de Bourgongne, à condition toutefois que le duc ne pourra mettre ni lever aucune imposition sur les danrées et marchandises ni aucun péage sur la rivière pour le passage du pont de Grefîn et autres lieux ci-dessus désignez. Et, en tout ce qui est réservé pour ledit passage et tout le long de la rivière du Rosne, ledit sieur duc ne pourra tenir et bastir aucun fort ; et demairera le passage libre pour ledit Pont de Grefîn, et en tout ce qui est réservé tant pour les subjects du roi que pour tous autres qui voudront aller et venir en France sans qui leur sôit donné destourbier, moleste ni empeschements. Passans néantmoins gens de guerre pour le service dudit sieur duc ou autres princes, ne pourront entrer es païs
1601] LIVRE QuinziiaiB, ohap. xi. Si7
et terres dudit sieur roi sans sa permission ou de ses gouverneurs et lieutenans généraux, et ne donneront aucune incommodité aux subjecte de Sa Majesté.
%. Et, pour ^ectuer entièrement ce que dessus, ledit sieur duc remettra en la puissance dudit sieur roi, ou de celui qui sera commis par Sa Majesté, la citadelle de Boui^ en Testât qu'elle est, sans y rien desmolir, affoiblir ni endoomiager, avec toute Tartillerie, poudres et munitions qui seront dedans ladite place lors qu'elle sera remise.
3. Et outre a esté accordé que ledit sieur duc aussi transporte et délaisse audit sieur roi, de delà la rivière du Rosne, les lieux, terres et villages d'Âux, Ghauzi, Pont-d*Arle, Sessel, Ghava et Pierre-Ghastel, avec la souveraineté, justice, seigneurie et tous droits qu'il paît avoir èsdits lieux cédez et sur les haUtants d'iceux, sans y comprendre le surplus des mandemens desdits li^ix et de leur territoire.
i. Ledit duc cède, transporte et délaisse audit sieur roi la baronnie ou bailliage de Gets^ avec toutes ses appartenances et despendances, ainsi que ledit sieur duc et ses prédécesseurs en ont ci-devant jouy, et, sans y rien réserver ni retenir, sinon ce qui est de delà le Rhosne, horsmis les villages et lieux d'Âux, Ghauzi, Âvulli, spécifiez ci-dessus, le tout à condition que lesdites choses cédées saront et demeureront unies et incorporées à la couronne de France, et seront réputées domaine et patrimoine de k couronne, et n'en pourront estre s^arées pour occasion que ce soit, aiiB tiendront lieu et par^Ue nature que