‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 257 sur 317 · Philippe III, fils de Philippe II, mort en · texte numérisé non relu

Philippe III, fils de Philippe II, mort en

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tant de peuples qu'il souffre publiquement blasphémer du nom de Jésus-Gbrist, et puis je chasserai les huguenots, qui Font en honneur et sont fidèles à mon Estât. > L'ambassadeur pria le nn de se souvenir de sa parole, et là-dessus fut projettée la ruine de ce peuple, qui a fait horreur à la chrétienté, et qu^, pour estre hors de mon terme, ne peut estre poursuivie plus avant.

D'autre costé, les Irlandois déc^ssez, qui se voyoyent avec leurs feounes et enfans errans par toute la France et qui surtout emplissoyent et infectoyent Paris, et mesmes qui furent trouvez, faisant des voleries, et de nuict avoir esgorgé quelques passans sur le Pont-Neuf, ces gens faisoyent sonner qu'ils estoyent fugitifs pour la foi catholique. Le jésuite Coton ^ prenoit ce temps-là pour pousser le roi à ce que nous avons dit et estoit soigneux de présenter à sa veuë tels misérables exemples pour servir de raisons. Ce que je ne puis laisser aller plus avant sans vous dire que telles remonstrances , suivies de menaces bien colorées, ayans apris au roi qu'il n'auroit plus de respit à ses promesses, lui fit résoudre à guérir tout par une notable mutation, de laquelle vous saurez des nouvelles à nostre appendix.

Nous ramassons en l'Angleterre, où toutes choses se conduisoyent au gré du roi, comment la roine, parmi les familiaritez qu'elle monstra au mareschal de Biron, lui fit voir les reUques du comte d'Ëssex^ et de

i. Pierre Gotton, prédicateur, jésuite, confesseur de Henri IV et de Louis XIII, né à Néronde en 1564, mort à Paris le 19 mars

2. Après l'exécution du comte d'Essex (6 mars 1601), la tête de ce seigneur avait été exposée sur la tour de Londres.

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ses compagnons, chose qui le troubla et ne le changea pas.

La paix s'estant faite avec l'Espagnol, le roi fut pressé de retirer son ambassadeur d'avec les Estats, et de fait fit revenir Busanval^ jusques à Paris, d'où, après y avoir bien pensé, il le renvoya en sa charge avec beaucoup d'excuses et raisons qui l'avoyent esmeu à faire la paix d'Espagne ; mais aussi avec promesses qu'autant qu'en lui seroit, sauf la paix, il les favoriseroit et continueroit en leur alliance, et mesmes qu'il rembourseroit les deniers, desquels, durant les guerres, il avoit esté assisté par eux. Est aussi à noter que les confidens estrangers sollicitèrent l'entretien d'un ambassadeur au Pays-Bas, pource que, dès lors, ils cerchoyent l'entremise du roi pour ménager paix ou trefVe, comme il avint depuis.

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