Vaubecourt, gentilhomme lorrain et non pas champenois
UVRB QUmZlÉIfB, CHAP. XVI. 387
énAAl cent hommes irançoîs et waloos; et avec cela, suivi de loiog par les forces chrétiennes, arrive à soleil levant parmi une multitude de chariots, chevaux et d'hommes du pays, qui portoyent des vivres aux Turcs. Ceux-là, voyans qu'un honmie seul, suivi de si petite troupe, vouloit prendre Javarin et mesmes n'ayant qu'un « petit canon, firent une huée de rire de voir que la fusée ne faisoit que siffler. Mais, après le coup donné, Yaubecourt, sans laisser esclairdr la fumée, se jette avec les cent hommes et fut bientost aux mains avec les janissaires, qui [s'estoient] r'alliez en une rue. Palfi et GolinicheS suivis du comte de Scharzembourg^, arrivent au secours de Yaubecourt, qui avoit desjà sur les bras plus de cinq cents janissaires. Palfi donne à la forteresse, où il y avoit peu de gens, et l'emporte par escalade. Mais le grand combat fut au grand r'allienoent que fit le bâcha de Javarin, conune ayant huict mille hommes de garnison, moitié janissaires. La meslée fut grande et de longue durée, en laquelle un soldat walon, de qui le nom seroit à désirer, ayant porté par terre le bâcha, lui coupa la teste; laquelle il porta au bout d'une lance présenter et donner espouvantement en plusieurs endroits. Le cmnbat dura jusques à la nuict et réduisit les Turcs dans un bastion, où cinq cents, reftisans toute capitulation, se firent mettre en pièces. Il mourut à tout cela près de deux mille Turcs et six cens chrestiens, des meilleurs honunes. Le gain
plusieurs fois cité dans les Lettres de Henri IV, était lieutenant de l'armée impériale. Cette entreprise sur Javarin eut lieu au commencement de mars 4598 (De Thou, liv. GXXI).
4. t^alfi, commandant des hussards; Georges Golnich, colonel.
%. Adolphe, baron de Schwartzembourg.
388 HISTOIRE UNIVBRSBtLB.
Alt d'une très bonne pboe, de quatre-vingt pièces d'artillerie et de grandes munitions^. Yaubecourt receut des honneurs non communs par toute TAlemagne, quoi que son chef, offensé de quelques paroles dites lioentieusement , lui en eust voulu dérober le principal honneur.
De là en avant, les Turcs reperdirent Tata, Pâlotte et Yesprim*; et Ziguet^, embrasée par un grand vent, fut mise en cendre.
D'autre costé, Michel, vaivode de Moldavie*, assiégea pour la seconde fois Nicopolis, la prit par force et y tua tout, la brusla et délivra seize mille chrestiens.
Tels progrès firent donner à Mahomet badia six vingt mille hommes, dont il voulut assiéger Strigonie. Mais le comte de Scharzembourg, s'estant campé de l'autre costé de l'eau, quoique foible, empescha de passer le Danube. Il fit lever ce commencement de siège et contraignit l'armée turquesque d'aller hyverner vers la Moravie. Et lui n'eut pas plus d'heur assiégeant Gaposchwar, car l'hyver le fit retirer; et toutesfois prit en chemin Ghanay, abandonné par estonnement.
La garnison de Papa, estant sans vivres et sans argent à cause de la ruine du pals, avoit envoyé vers le comte de Schartzemboui^ pour leurs nécessitez, et, n'ayant receu pour response qu'une potence peinte
i. La prise de Ja varia eut lieu le 20 mars 1598.
2. L'armée impériale s'empara de Totis (10 mai 1598), du château de Gest, de Palotta et de Vesprin au mois d'août 1598.