LIVRE QUINZIÈME, GHAP. XVI. 9S
en une feuille de papier, se mutina et se vouloit jetter es mains du Turc, quand le comte, pour réparer sa faute, réconcilia les mutinez par promesse de leur envoyer leurs monstres. Mais, comme ils commençoyent à sortir, un soldat, qui s'entendoit avec le comte, amoureux de la femme d*un autre, lui descouvrit et elle à son mari comment Tentreprise estoit de croistre la garnison d*un régiment, à l'aide duquel le mareschal de camp vouloit décimer la garnison. Les compagnons, avertis de cela, r'entrent dedans, font jurer la révolte à leur colonel, coupent la teste à un qui le refusoit ; de là traitent avec le badia de Bellegarde, qui leur paya leurs monstres et les laissa dedans. Les habitans, qui vouloyent leur résister, furent mis en pièces; et puis le comte fiit obligé à les assiéger^, fait ses approches et sa batterie. Lors se mit confusion parmi les révoltez, qui, voulans se sauver par une poterne, furent emportez par le régiment des Walons et passez au fil de Fespée. Parmi ceux-là, près de six vingts furent empalez vifs, presque tous Lorrains; entr'autres Saquenai, gentilhomme bressan, eut le coeur arraché, on lui en bâtit les joues à la mode d'Angleterre.
L'archiduc Matthias, ayant fort blasmé le mal qu'avoit fait le comte de Schartzembourg ', le receut à
1. Le baron de Schwartzembonrg avait envoyé, vers la fin de juin 1600, le colonel Schnrpfenstein pour assiéger Pappa. Luimême parut devant cette ville le 12 juillet. Mortellement blessé par un coup d'arquebuse, il dut résigner le commandement en faveur de Melcbior Hedern, qui mit fin à ce siôge le 9 août de la même année (De Thou, liv. GXXIV).
2. Dans la note précédente, on a vu que le baron de Schwartzembonrg avait trouvé la mort sous les murs de Pappa. Cette
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regret en ton office de maresdMd de camp, pour Tarmée de treize mille hommes doot il assiégea Bude. Yaubecourt, avec les bandes qu'il commandât, premièrement emporta le fauxbourgS fortifié sur le bord du Danube, aisément, mais avec un grand combat le mont Sainct-Gérart, qui ftit bien défendu; aussi cousta-il deux mille Turcs. Mais Thyver garantit le reste et fit lever le siège* ; comme aussi Tarmée turquesque, commandée par le vizir Mahomet, qui avec deux autres bâchas avoit assiégé Yaradin', où le baron de Fritland et Mddiior de Redern ^ estoyent à Textrémité ; joint aussi la peste qui estoit parmi les Turcs, surtout dedans Gonstantinople , où moururent de contagion dix-sept soeurs du grand seigneur.
Là mesmes arriva que trois renégats, esclaves du mufti, ayans dérobé leur maistre, se sauvèrent chez les Gordeliers de Péra. Brèves^, ambassadeur, appaisa avec beaucoup de peine le mufti, qui voidoit ruiner
contradiction chronologique disparaît si Ton remarque que la prise de Pappa, racontée plus haut, est postérieure au siège de Bude, dont il va être parlé.
i. Le faubourg de Bude fût pris le 5 oct. 1598 (De Thoa, Uv. CXXI).