‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 297 sur 317 · Walson, vis-à-vis Rhinberg · texte numérisé non relu

Walson, vis-à-vis Rhinberg

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par capitulation le fort de Grèvecœur^ La ville de Bommel s'en alloit quittée^ sans Tarrivée du prince Maurice, qui se retrancha à une des parts de la ville, et l'Espagnol en entreprit le siège de son costé.

Durant les escarmouches qui se passèrent entre les armées voisines, les Allemans estans campez devant Rees et plus attentifs aux plaintes et aux négociations qu'à faire la guerre, après toutes sortes de commissaires et de pourparlez inutiles, il y eut quelques propos de joindre toutes les forces ensemble contre TEspagnoL Mais les craintes et les jalousies, et outre cela les allées et venues des Espagnols, desbauchèrent tout, quoiqu'on eust envoyé de l'argent pour contenter les capitaines allemans.

Cependant l'Espagnol, arresté un mois sans rien faire, eut quelque volonté de passer sa colère sur le fort de Yoorne, qui est au milieu d'une isle de mesme nom, à la rencontre des rivières de Meuse et de Vahal. Le prince, ennuyé de voir les eaux entre son chemin et lui et le voyant trop consid^atif pour passer, lui voulut toucher à la main et, au commencement de juillet^, passa au soir les deux rivières, et à soleil levant eut achevé un retranchement bien tenaillé, eslevé de dix pieds, avec le fossé de douze de lai^e et de six de creux en œuvre, le tout capable de loger six mille hommes. Â cette troupe, il donna pour chefs

1. Le fort de Grèvecœur, commandé par le capitaine Spronk, se rendit à Claude de La Bourlotte.

2. Les retranchements de Bommel, forcés par les troupes italiennes après un combat sanglant, livré le 19 mai 1599, furent bientôt repris par les assiégés.

3. Le prince Maurice traversa la Meuse et le Wahl le 3 juillet 1599.

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La Noue s le chevalier Veer et Edmond, Ëscossois.

Le quatriesme du mois, les Espagnols, ayans logé avant jour la pluspart de leur infanterie et cavallerie, choisie à l'ombre de quelques digues, firent ce qu'ils peurent pour y attirer les réformez. Ce qu'ayant trouvé inutile, Famirant se résolut de faire attaquer le retranchement. La contr'escarpe estoit garnie de trois rangs de pieux à crochets de fer, que les Espagnols vindrent froidement attaquer aux mousquetades de cinq ou six pas, et outre cela à la merci de quatorze canons, qui, de l'isle de Yoorne, avec la mousquetterie du reste de l'armée, deffendoyent toutes les parts du retranchement, horsmis celle de devant. Nonobstant tout cela, les Espagnols se firent chemin à venir aux mains, avec une résolution et fermeté incroyable. Et bien servit aux attaquans d'avoir la monnoye de leur pièce. Le combat fut si serré que les Espagnols ne laschèrent le pied qu'ils n'eussent perdu sept cents hommes sur la place, huict capitaines en chef, les principaux officiers et encores plus de blessez que de morts. Parmi les Espagnols marchoyent deux moines, portans l'un une grande croix et l'autre une bannière. Tous deux demeurez parmi les morts, l'un fut retiré et guéri. De l'autre costé y eut quelques quarante que morts que blessez, entre ceux-là le sergent-major de Yeer. Le lendemain, mille chevaux espagnols conduisirent quatre cents mousquetaires pour enlever le logis des gardes du prince, mais ils y laissèrent un comte espagnol prisonnier.

L'amirant, ayant en vain passé le reste de l'esté,

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