Odet de la Noue, fils de François de la Noue
oe pouvant faire mieux » bastit le fort nommé Sainct- Ândré, au village de Rossem, à Tendroit où i^isle de Bommel reçoit les deux rivières ; cette place, pantagone et de cinq grands bastions. Si bien que, l'ayant tenue pour imprenable, il dispersa son armée pour hyverner aux garnisons.
L'hyver estant passé, au commencement de Tan 1 600, le prince Maurice, ayant nouvelles qu'à faute de payement il y avoit mutinerie entre les troupes ennemies, vint assiéger le fort de Crèvecoeur*, au vingticsme de mars; et trouva que les garnisons de ce fort et de celui de Sainct-Ândré^, après qu'on se fut moqué de leurs plaintes, avoyent chassé leurs capitaines et estoyent tellement mutinez que quatre compagnies walonnes se donnèrent avec le fort. De là le prince, servi de deux cens vaisseaux pour les commoditez de son armée, s'en alla faire autour de Bommel un retranchement d'une estendue incroyable, garni de quatorze forts et de bien autant de ridottes, et fournissant à toutes les avenues, de telle façon que La Burlotte, ayant amené deux mille hommes pour jetter dans le fort Sainct-Ândré, s'en retourna sans pouvoir rien essayer. Et le raport qu'il fit des merveilles de ce retranchement haussa merveilleusement la réputation du prince entre les Espagnols. Les
i. Les forts de Grôvecœur et de Saint- André avaient pour gouyerneur Nicolas de Gatrice.
2. Maurice de Nassau parut en vue du fort Saint- André le 26 mars 1600; des traîtres marchands le lui vendirent au prix de vingtcinq mille francs, et Maurice en prit possession le 11 mai de la môme année, deux jours après la capitulation de la garnison (Hùt, de Varchiduc Albert, p. 199).