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LIVRE QUINZlàME, GHAP. XIX

diose qui ne se void guères, r'asseura ses oompagDons à mourir les armes à la main dans la place. Louis Yelasque entreprit de faire observer pour les hommes, mais non pas pour le bagage et pour les drapeaux. Snaeskerke essaya la perfidie tout entière, car Busigni, qui y commandoit, les capitaines Georges et Eindoven et tous les soldats furent tuez de sang-froîd, horsmis ceux qui, estans despouillez uuds, se sauvèrent à la suite. L'archiduc s'excusant que c'estoyent des mutinez sur lesquels il n'avoit plus d'authorité, ce fut le sein de Tarchiduc, monstre par Piron, qui fit croire sa présence à l'armée et préparer celle des Estats à toutes extrémitez.

Nous avons laissé le comte Erneste marchant vers le pont. Deux pièces qu'il menoit l'ayant quelque peu retardé, il trouva une partie de l'armée desjà passée et lui bientost engagé au combat par la cavallerie. Il soustint les premières attaques assez heureusement, mais toute l'armée lui chatouillant les flancs et lui menaçant le derrière, au prix qu'elle arrivoit, le comte et le coUonel Edmont furent contraints de payer de huict cents hommes et de leurs deux pièces et sauver ce qu'ils peurent au fort d'Albert, où ils furent congnez jusques dans les palissades. Parmi la perte des huict cents hommes, furent poignardez de sang-froid douze capitaines, la pluspart Escossois^ Cette curée eschaufia le sang des Espagnols à faire jurer par toute l'armée que, de toute celle des Estats, ils ne sauveroyent la vie qu'au prince Maurice et à son irère, Henri-

1. Artus Stenwart, Robert Bardai, André Murrai, Jean Kilparic, Jean Michel, Jean Strachen, Hugues Niesbet, capitaines écossais (Van Meteren, Hùt des Pays-Bas, 1618, f. 487).

44S HISTOIRE UiaVERBELLE.

Péderic^, pour les mener tous deux en triomphe ; tellement asseurez de la victcNre qu'ils estoyent résolus d'enfoncer l'armée des Estais jusques dedans ses retrenchemens. Sur cette gayeté, Tardiiduc marche sur les dunes de sable qui sont au bord de la mer avec neuf compagnies d'ordonnance, lesquelles, avec sa cornette blanche, faisoyent mille chevaux, cinq cornettes de reistres, faisans huict cents chevaux, cinq de carrabins, qui en faisoyent quatre cents, six cents dievaux espagnols ou italiens mutinez; de Dyest' quelques quatre cents lances de noblesse du pals amassez au besoin. Son infanterie estoit de dix-sept régimens, trois d'Espagnols, deux d'Italiens, quatre d'Allemans, cinq de Walons, deux de Bourguignons, et puis celui du comte Féderic de Bergue, qui n'estoit pas entier; tout cela, compté à près de treize mille fentassins, marchoit avec plus d'ardeur que d'ordre jusques à la veuë de leurs ennemis, qu'ils ne pouvoyent croire avoir passé le havre pour venir à eux. Â cette veuë, l'archiduc, se servant des motines de sable pour ses gens de pied et de la plage de la mer, lors retirée, pour y faire paroistre sa cavallerie,' vint former son ordre à la veuë de Nieuport.

Alors, il fit reserrer les mutiner et les régimens de Gaspard Sapena, Hiéronimo de Montoi, Louis de Yilars et autres, forma trois bataillons, soustenus à gauche de deux gros de cavallerie, le premier mené par Baptista de Nova, le second par l'amirant d'Ârragon.

1. Henri-Frédéric de Nassau, frère de Maurice de Nassau, mort à la Haye le 14 mars i647.

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