La Guillotière, faubourg de Lyon
8. Ge combat eut lieu le 7 février 1594 (De Thou, liv. GVIU).
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BerjoD, ayans firanchi la muraille, après avoir esté quelque temps seuls dedans, furent enfin secourus de quinze, qui gagnèrent une porte, et ainsi fut esté cet empeschement. Plusieurs petits combats qui s'attaquoyent par divers endroits de la ville cessèrent, quand, la porte du pont du Rbosne ouverte, Âlfonse entra, suivi comme nous avons dit; cela exécuté quinze jours devant le sacre du roi^, non en conséquence, comme ont esorit nos historiens à la haste.
A cet affaire servit Andelot^, fils du feu amiral Ghastillon, lequel, ayant quitté le roi, estant roi de Navarre, et sa religion, pour se donner au roi Henri III, s'estoit fait de la Ligue au siège de I^aris, ayant esté pris, comme on disoit, par son consentement, pour se donner particulièrement au duc de Nemours. Ce fut lui, puis après, qui le fit mettre prisonnier par ses rapports à Lyon, où lors il aida à ce que nous venons de dire, pour entrer aux bonnes grâces du roi. Mais, n'en estant pas receu à son gré, il se r'altacba au comte d'Auvergne pour des desseins particuliers, où il se comporta comme vous verrez en son lieu.
Voilà donc Lyon, où il ne se trouve plus de tafetas blanc pour faire des escbarpes. On change les eschevins et principaux officiers de la justice. Leur première fonction fut de faire crier Vive le roi^ faire allumer des feux de joye^ et faire brûler par le bourreau les
i. D'Aubigné se trompe de quelques jours. Lyon se soumit à Henri IV le 7 février 1594 (De Thon, Uv. GVIII).
2. Charles de Goligny d'Andelot, né le 10 décembre 1565, mort le 27 janvier 1632.
3. Une pièce intitulée Feuw de joie, relative à la soumission de Lyon, Orléans, Bourges et antree villes à Henri lY, est imprimée dans les Mémoires de la Ligue (t. VI, p. 117 et suiv.).
M msTOnus universelle. [1594
esdiarpes rouges ou noires, la Ligue en forme de sorcière, les armes d'Espagne et de Savoye, sans espars gner celles de Nemours. En tous ces mouvemens, l'arcbevesque^ essaya son crédit pour empescber ce notable changement; mais, ne pouvant rien contre vent et marée, il tira son épingle du jeu.
Nous garderons la contagion que ce changement de Lyon porta le long du Rosne quand nous rendrons compte des extrémitez de ce costé. Par l'édict de paix^ qu'obtint Lyon, elle ne requit, contre l'exercice de la religion réformée, rien d'extraordinaire; elle obtint ses privilèges anciens avec six cents Suisses pour y tenir garnison quelque temps.
Pontoise, non redierchée, se présenta', et, sans avoir édict à part, eut promesse d'estre comprise aux articles qu'on espéroit faire pour Paris, de laquelle nous allons voir le traité et reddition, sa grandeur et son importance voulans de nous qu'elle ait un chapitre à part.
CHAPrTRE m.
Reddition de Paris.
 la nouvelle de Lyon, le Parlement de Paris prit la hardiesse de prononcer contre l'élection d'un roi
1. Pierre lY d'Espinac, archevêque de Lyon, 4573 au 9 janvier 1599.
2. L'édit du roi, relatif à la soumission de Lyon, daté de Saint- Grermain-en-Laye et du mois de mai 1594, est imprimé dans les Mémoires de la Ligue (t. VI, p. 107 et suiv.). D fut vérifié au Parlement de Paris, le 24 mai 1594 (De Thou, liv. GVni). Voyez Pericaud, Histoire de Lyon sous la Ligue,
3. Villeroi traita avec le roi, pour la soumission de Pontoise, en mars 1594 (De Thou, liv. GVni).
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estranger par acte public, et, par niesme voye, déclarer que, si dedaus un mois on ne traittoit à bon escient de leur paix, ils la feroyent eux-mesmes; déclarèrent encores qu'ils ne vouloyent plus souffirir en leur ville le duc de Feria ni les Espagnols et Walons. Si d'un costé la crainte des prospéritez du roi les faisoit sages, le sentiment de leurs nécessitez les émouvoit bien autant. Â la vérité, tous ceux qui commandoyent aux places d'alentour leur laissoyent passer des vivres, hormis^ le fort de Goumai^, où La Noue commandoit, qui, bien que fort pauvre pour le lieu d'où il estoit sorti, et sa maison ayant dévalé du seigneur au gentilhomme, n'eut point de mains à recevoir les corruptions. Il lui fut remonstré que ses compagnons prenoyent par souffrance du roi, qui n'avoit pas de quoi guérir leurs mescontentemens; il respondoit que cela ne pouvoit servir de dispense à son devoir. Ainsi, la Marne estant la meilleure nour^ rice de Paris et les courtoisies des autres leur estans vendues si cher, que c'estoyent de gracieux rançonnemens, la faim leur apprit à parler haut.
Le duc de Mayenne, voyant la reddition toute minutée, y apporta les remèdes qu'il pût. Ayant reconnu que le comte de Belin^ avoit changé de style dès la fin de Tan dernier et qu'il estoit propre à mettre en