‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 7 sur 317 · Gournay-sur-Marae (Seine-et-Oise · texte numérisé non relu

Gournay-sur-Marae (Seine-et-Oise

2. Jean-François de Faudoas, ûls d'Olivier de Faudoas, seigneur de la Mothe, et de Marguerite de Serillac, prit le titre de comte de Belin à son second mariage avec Renée d'Ayerton, yeuve de Jacques d'Humières. Faudoas succéda au duc de Nemours en qualité de gouyemeur de Paris,, fut réyoqué par Mayenne et devint dans la suite gouverneur de Calais (Lettres de Henri IV, t. rv, p. 70, en note).

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efifet les pensées du peuple, pensa qu'il ne faloit point dans Paris un gouverneur qui fust seulement ligué, mais ligueur» Il choisit le comte de Brissac^ en la mémoire des barricades et de plusieurs actions relevées, tesmoin de sa passion et fidélité au parti. Gela fait, le duc ayant mis ordre qu'il y eust tousjours dans Paris quelque prince de Lorraine de plus, y fit entrer mille quatre cents Espagnols de nouveau, si bien que les estrangers approchoyent le nombre de six mille; le duc, di-je, sur telles asseurances, s'eslongna où les affaires l'apelloyent.

L'Ângloîs, autrement appelé Beaurepaire^, et Tescheviu Neret estoyent ceux qui avoyent induit le comte de Belin à la première conspiration', se voyans desnuez de leur chef et n'osans taster le comte de Brissac pour les conditions que nous y avons marquées. Le roi, qui avoit trouvé des instrumens propres à reconnoltre le comte, le trouva enfin las de sa besongne mal reconnue et ductile à réparer les bresches de sa maison et à Tbonneur de mareschal de France. L'ayant donc trouvé tel, les deux mesnagers de Paris sont avertis de se confier en lui. Sur cette asseurance, ils lui font connoistre et les personnes vouées à Tentreprise et les moyens qui estoyent tels qu'on porteroit des matériaux à la porte Neuve pour,

1. Charles de Cîossé, comte de Brissac, traita en secret avec le roi de la reddition de Paris, par Tentremise d'Antoine de Silly, comte de Rochepot, son proche parent (Mémoires de la liguey t. VI, p. 74, note).

%. Saint-Quentin, s. de Beaurepaire, colonel de Wallons, mort après 4604.

3. Négociations au sujet de la capitulation de Paris (ORconù^ mies royales, liv. II, chap. xvn; coll. Petitot, t. n, p. 484).

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SOUS couleur de la vouloir fermer de murailles, eu oster les gabions et terrasses dont elle estent condamnée; qu'on feroit le mesme à la porte Sainct-Denis, mais de nuict, et que de mesme heure on logeroit en diacune cinquante hommes; outre cela, que Neret se rendroit maistre de la porte Sainct-Honoré, laquelle il avoit en charge, y cachant sa famille et quelques autres aflfide2; de plus, qu'en la mesme nuict on feroit couler dans des logis que possédoyent les confidens de l'entreprise quelques gentilshommes et soldats de l'armée pour estre prests de se jetter dans les portes quand le signal leur seroit donné. Geux-d estoyent pour s'oposer à quatre corps de garde, qui pouvoient venir par le rempart disputer ces portes, comme estans tousjours préparez entre l'hospital Sainct- Jacques et Sainct-Denis, à la croix Sainct-Ëustache et au Temple. Il y avoit encor un dessein bien apparent, pour les forces qu'on feroit descendre par bateaux, des rivières de Seine et de Marne, qui devoyent estre commandées par La Noue, la moitié d'elles receuës au boulevart des Gélestins par Jean Grossier S capitaine de ce quartier, et dans l'arcenal par Chevalerie^, lieutenant provincial de l'artillerie et y conomandant absolument. Ces dernières pièces avoyent esté préparées pour un dessein sans intelligence que le roi y avoit au commencement et que La Noue faisoit fort d'exécuter; mais tout cela trouvé lors Uen facile, quand le roi se vid donner les mains du dedans. Â toutes les facilitez que nous avons dites, mais

i. Jean Grossier, bourgeois de Paris.

2. Le s. de la Chevalerie, ûls d'Adam des Escotais, s. de la Chevalerie, et de Renée de Souvré, mort après 1597.

austd choses qui pressoyent la besongne, fut adjousté un retranchement de quelques bandes estrangères qui estoyent desjà dans Paris. Et, afin d'engager insensiblement le peuple à recevoir le changement sans prendre parti, on fit semer un bruit par tous les quar^ tiers que la paix estoit arrestée entre le roi et le duc, qui lui-mesme demandoit quelques aproches des forces royales pour congédier les Italiens, Espagnols et Walons et les faire contenter de raison à la veuë des troupes ennemies. Et, pour la fin, fut arresté qu'on feroit donner des billets dès le soir à tous les principaux des rues et quartiers qu'on avoit tousjours connu avoir porté honneur à la royauté, conmie aussi à ceux qu'on trouvoit lassez de la confusion; tous ceux-4à priez de s'armer avec leurs amis pour tenir la main au salut de la ville et à l'introduction des députez dans Paris pour la paix, comme aussi à empescher que les Espagnols et les espagnolisez ne se jettassent au-devant d'un oeuvre tant désirable pour Paris et pour eux tant à contre-coeur. Et voilà jusques où s'estendit la préparation. Ces billets ne peurent tomber tous en si bonnes mains que les ennemis n'en empoignassent quelqu'un ; ce qui parut en une plus estroite recherche de tous ceux qui passoyent aux champs, et mesmes du costé de Sainct-Denis, où ceux de la ville faisoyent leur promenoir, alléchez par la douceur et bons comportemens de YicS chose qui ne fut pas de petite importance à ce que nous déduisons.

Tout estant préparé dans la ville, comme nous avons dit, un secrétaire de sainct-Luc, qui venoit

1. Dominique de Vie, dit le capitaine Sarred, mort le 15 août

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souvent à Paris sous le bénéfice de la parenté, et un du comte de Bnssac furent chargez des mémoires très exprès, tant de ce que nous avons dit que pour Tordre du combat, s'il y escheoit ; tout cela escrit de la main de FÂnglois. Les deux, contre l'ordinaire, furent fouillez partout, hors-mis aux gans, où tout estoit caché. Et ainsi le roi,. bien averti, donna rendé-vous à la nuict de devant le vingt-deuxiesme de mars; marche à la porte neufve, accompagné de Humières, BeUn, Fa vas ^ et Vie. Vitri, ayant connoissance avec ceux qui avoyent saisi la porte Sainct-Denis, en donna avis à La Noue, qui avoit mis pied à terre vers Confiance. Ces deux saisissent, l'un le rempart de droite, l'autre celui de gauche, et puis Vitri laisse tout à La Noue ; et, sachant que le roi estoit entré, trouva la teste des siens auprès du Ghastelet, comme le roi venoit de prendre serment d'eux pour empescher le pillage. Le Louvre et les deux Ghastelets estans saisis, sans qu'il se tirast une barquebusade , horsmis la rue de la Huchette, où une quarantaine d'estourdis tirèrent et puis fuirent.

Le duc de Férie^, rallié avec les estrangers vers le Temple, envoya demande» an roi un trait de sa courtoisie, laquelle il esprouva, lui estant permis de s'en aller la mesche esteinte et le mousquet sous le coude. La Bastille 6t mine de se vouloir défendre; mais, estant sans vivres par l'industrie des architectes que nous avons nommé. Bourg, qui y commandoit, com-

i. Charles d'Humières, François d'Averton de Belin, Jean de Fabas, vicomte de Gastets, capitaine protestant, mort en 1614.

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