‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 71 sur 317 · Ouiières, plantations d'osiers · texte numérisé non relu

Ouiières, plantations d'osiers

pour en faire un autre Mareuil, la fortifia avec la despense et la diligence qu'il put, et mit dedans la Coste, un de ses meilleurs capitaines de chevaux-légers. Â un mois de là, Yignoles, revenant avec sa compagnie d'assister le duc de Bouillon aux occasions qui se marquent en leur place, trouva à son retour incommode le voisinage de Ghastillon. Il ramassa ce qu'il put dans le pays, arrive au poinct du jour sur la contre-escarpe, fait porter et planter le plus d'eschelles qu'il put, sans autre ordre que là où l'œil jugeroit, pose des pétards à chacune des portes. Quelques eschelles réussirent. Ceux du dedans viennent aux mains, tuent près de quarante hommes des attaquans, la résolution desquels vainquit tout. La place emportée, il y eut quelque cent vingt hommes tuez, huict cents prisonniers, entre ceux-là le gouverneur. La place fut rasée à la requeste du pays.

L'année d'après, qui estoit 1595, le baron de Gonac^, lieutenant sous Poncenac au gouvernement de Soissons, surprit le fort de Mareuil^ entre les mains du capitaine Ânchez, quelque bonne garde qu'il y fist. Getui-ci, prisonnier de Gonac, ayant remarqué un

i. Le baron de Gonan, souyent cité par M. Herelle dans la Réforme et la Ligue en Champagne, capitaine liguenr, est appelé le baron de Gonac dans une pièce du temps (Mémoires de la Ligue, t. VI, p. 281) dont d'Aubigné s'est inspiré dans ce récit. Il avait été fait prisonnier à la suite d'un combat livré le 15 février 1595 près de Villers-Cotterets.

2. La ville et le château de Mareuil, surpris en octobre 1594 par les ligueurs, furent repris en novembre par l'armée royale et les fortifications furent rasées par ordre du roi au mois de mai 1595 (Herelle, la Réforme et la Ligue en Champagne, t. II, p. 571 et sniv.).

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