Yyes d'Alègre, baron de Millaud
5. Le gouverneur d'Auvergne avait fait de Riom (Puy-de-Dôme) sa place d'armes (De Thou, liv. XGV).
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de feire haster l'infanterie qui estoit sur led dents. Il y avoit au ravelin et à la muraille de la ville deux barrières, deux ponts-levis et deux portes à percer. Le premier pétard à la barrière du ravelin fut posé sans estre veu, quoi qu'il fist grand jour; ayant fait bon effect et donné l'alarme à la courtine, garnie à la merci des harquébusades, qui tuèrent quelques soldats. Le second pétard et l'esquipage, pour passer, joua son jeu ; et à ce bruit accourut Sainct-Héran et ceux qui estoyent derrière. La Croix marche froidement à la seconde barrière, laquelle il mit en pièces pour espargner son troisiesme pétard, lequel, comme il falut porter au grand pont-levis, trouva que sa fusée estoit tombée en rompant la barrière. Il se résolut de la refaire, non seulement à la merci des harquebusades, mais des coups de pierre qui l'accabloyent, ce qu'il fit; et cela donna loisir à ceux d'Yssoire de barriquer derrière le pont et de crever la voûte pour assommer ceux qui passeroyent. Mais La Croix, porté deux fois par terre de coups de quartiers et, à la seconde, son casque jette hors de la teste d'un coup, tout blessé se releva, ramasse et racommode son pétard, le plante au pont-levis, le jette au dedans et la porte quant et quand. Là se présentèrent force hommes armez de la ville, soit à la rue, soit au-dessus, pour accabler. Nonobstant, Randan ne demeura guère à se jetter sur l'amas de bois et de pierre, et, après quelque defiense à coups de haiebardes, cette noblesse, s'entrepoussant, gagne la rue, où le capitaine Bussi^ rendit beaucoup de combat.
i. Le capitaine Bussy fat tué dans ce combat.
\M mSTOIRB UNIVERSELLE. [1596
Frédevîlle se saisit d'une tour, où il (ut pris à discrétion et sauvé ^.
Randan, possédant la plus grande partie de l'Auvergne, ne parloit plus que d'employer son artillerie à parachever le reste, et ainsi, s'estant fortifié et laissé passer le plus fascheux de l'hyver, au mesme temps et jour de la bataille d'Yvri^, se mit en la campagne avec près de quatre mille honunes de pied et six cents bonnes salades, la pluspart gentilshonunes, pour venir délivrer Yssoire, que les comtes de Gurton^, Restignac^ et Ghaseron avoyent investie. Je suis bien marri que je n'ai pu recouvrer mémoires pour vous donner, avec toutes particularitez, un notable combat, lequel je vous promets à l'autre édition, s'il ne tient qu'à faire un voyage au pays; peut-estre que ceux qui ont part à cette gloire ou leurs enfans s'efforceront d'aider mon honorable désir. Ce que je puis maintenant, c'est que Ghaseron, quelque charge qu'il eust du roi, fut longtemps sans oser mettre le nez à la campagne, et n'eust jamais pu faire son gros sans mille cinq cents honunes de pied, qui lui vindrent des bords des Sévènes. Et puis, ayant commencé un corps, les fréquentes nouvelles des prospéritez du roi donnèrent moyen aux comtes de Gurton et de Restignac de se joindre avec huict vingts salades. Estans tous ensemble, ils se trouvèrent environ quatre mille hommes de pied