Chapitre XVIII
Articles de la paix d'Espagne*.
Toutes pactions arrestées entre l'empereur Charles Quint et le roi François, à Madrid, et de plus les accords de Vausselles2, soyent soigneusement gardés; sinon au point où il sera changé ou desnoué quelque chose en la présente paix.
Cette paix et concorde demeure ferme entre les rois, sincère et sans fraude, telle qu'elle doit estre entre frères, sans embusches et ruses ni au dehors ni au dedans, et contre laquelle ne se puisse apporter aucun préjudice pour les conventicules et menées secrettes faictes tant avec les Turcs que les princes d'Asie.
Que les rois s'obligent par leur foi et serment de s'employer à bon escient à composer les différents de la chrestienté, tenir la main à ce que le concile œcuménique soit célébré à la gloire de Dieu et à la paix des consciences.
Que de l'une et de l'autre part soit jurée l'oubliance des choses passées; que nul ne soit recerché pour avoir esté du parti ni de l'un ni de l'autre des rois ; et
4. D'Aubigné reproduit dans ce chapitre les principales dispositions du traité de Gateau-Gambrésis, mais il ne s'attache pas au texte exact qui a été imprimé dans tous les recueils diplomatiques, et reproduit en partie par Isambert (Recueil des anciennes lois, t. XIII, p. 515).
2. La trêve de Vaucelles avait été signée par Goligny et Lahiiun, If 5 février 1556.
pourtant soycnt rendues à tous les partisans les possessions qui leur auront esté occupées ou vendues en haine de ce que dessus.
Seront pourtant exceptés de telle faveur les bannis et proscrits du royaume de Naples, de la Sicile et du duché de Milan.
Toutes villes et places prises d'une part et d'autre depuis 8 ans, seront rendues : comme, de la part du roi, Mariembourg, Damvillier, Ivoi , Montmedi et Valence de là les monts, avec toutes les forteresses et chasteaux qui en dépendent, mises entières entre les mains du roi Philippe seulement. Ivoi sera démantelé comme représaille de Thérouane. D'autre part, le roi Philippe quittera S. Quentin, le Gastelet, Han et tout ce qui en dépend, comme aussi le diocèse de Thérouane, à la charge que la ville ne se pourra rebastir ni fortifier en quelque façon que ce soit, qu'incontinent après la possession de la paix ; estant mis entre les mains du roi Philippe le bailliage de Hedin, et en celles du roi de France celui de Grèvecœur; les droicts pourtant de quelques seigneurs particuliers, observez.
Et pour establir une plus estroicte amitié, le roi d'Espagne espousera Élizabeth1, fille du roi, aagée de 1 1 ans, laquelle aura pour son dot 400,000 escus. Sera rendu au duc de Savoy e tout ce que les rois, tant François que Henri, auront empiété sur lui, tant deçà que delà les monts, horsmis ce qui est du marquisat2, Car-
1. Elisabeth de Valois), fille de Henri II et de Catherine de Médicis, née à Fontainebleau le 13 avril 1545, mariée par procuration à Philippe II le 20 juin 1559, morte à Madrid le 3 octobre 1568.