‹ Histoire universelleChapitre 105 sur 332 · LIVRE PREMIER, CHAP. XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAP. XVIII

magnole, Pignerol, Gléri, Glavas, et Villeneuve d'Ast, lesquelles places demeureront engagées jusques à ce que le droict de succession de sa grand'mère soit pleinement décidé. En attendant Versel et Ast demeureront entre les mains du roi Philippe.

Et afin que le duc de Savoye ne soit partisan ni de l'un ni de l'autre, il prendra à femme Marguerite4, sœur du roi Henri , laquelle aura en mariage 300,000 escus et la jouissance du duché de Berri.

Le roi de France retirera toutes ses forces de toutes les villes et chasteaux qu'il tient en Toscane, à la charge que pardon sera faict aux Siennois qui se sont retirés à Montalcine, et tous leurs biens restitués.

Le roi rendra tout ce qu'il tient en Corse et au territoire de Gennes, à la charge que tous ceux qui ont suivi son parti seront rappelés de ban, que les Gennois jureront l'amitié du roi, avec l'humilité qu'ils lui doivent.

Le chasteau de Bouillon2 sera rendu à l'évesque du Liège, demeurant pourtant le droict du seigneur de Sedan indécis.

L'infante de Portugal3 jouira librement de tous les biens qui lui sont escheus du costé de sa mère.

i. Marguerite de France, fille de François Ier et de Claude de France, née à Saint-Germain le 5 juin 1523, épousa le 9 juillet 1559, au chevet de mort de Henri II, le duc de Savoie, Philibert Emmanuel, et mourut le 17 septembre 1574.

2. Le duché de Bouillon avait été enlevé par Anne de Montmorency à l'évêque de Liège et donné par Henri H à Robert de la Miirck, prince de Sedan, maréchal de France.

3. Mario, de Portugal, fille de l'infant Edouard, épousa en 1566 Alexandre Farnèse, duc de Parme.

De la part des rois sera rendu au duc de Mantoue1 le marquisat de Montferrat, demeurant à son option de démanteler ou garder entières les forteresses qui y sont à présent.

Marie de Bourbon2 jouira paisiblement du comté de Saint-Paul, sans toucher au droict des parties et aux actions intentées et à intenter sur ce faict.

Le roi de France commencera le premier à exécuter les articles et à restituer ce qu'il tient, en trois mois, et dans un mois après, le roi d'Espagne se doit acquitter de sa foi, et cependant donner pour ostages les ducs d'Alve, d'Arscot, le prince d'Orenge, le comte et prince d'Aiguemont.

Sous la présente paix sont compris le pape, l'empereur et l'Empire, les sept électeurs, toutes cités et estats de l'Empire, les rois de Polongne, Danemarc, Suède et Escosse, la roine d'Angleterre, la république de Venise, les ducs de Savoye, Lorraine, Ferrare, Mantoue, Urbin, Parme et Plaisance, sans y oublier le Sénat de Gennes et celui de Lucques3.

Voilà les conventions d'une paix, en effect, pour les royaumes de France et d'Espagne, en apparence

1. Guillaume de Gonzague, duc de Mantoue, époux d'Éléonore d'Autriche, mort le 14 août 1585.

2. Marie de Bourbon, fille de François de Bourbon, comte de Vendôme, avait hérité du comté de Saint-Pol, qui avait été saisi en 1536 par Charles-Quint comme fief du comté de Boulogne.

3. Le récit des négociations de Cateau-Gambrésis et les correspondances échangées à ce sujet avec le roi et ses ministres ont été imprimés pour la plupart dans un recueil attribué à Henri de Mesmes, Traité de paix fait à Chasteau-Chambrésis, in-4°, 1632 et 1637. Un grand nombre d'autres correspondances sont restées inédites ; f. fr., vol. 3153, 3253, 5139, 15839; coll. Dupuy, vol. 177, etc.

Page 1