LIVRE SECOND, CHAP. II
S. Jude, avec l'apocalypse ou révélation de S. Jean l'évangéliste , selon qu'il est contenu en la vulgate édition dont use la saincte Église catholique et romaine.
32. Je proteste et promets mettre entre vos mains tous livres censurés et défendus, de quelque subject qu'ils traictent, que je puis avoir en ma puissance, sans m'en réserver aucun, jurant présentement que doresenavant ne lirai ni retiendrai aucun escrit prohibé par l'Église romaine, ou par les prélats ecclésiastiques, ou par les facultés de théologie communiantes avec ladite saincte Église.
33. Je confesse la foi, sans laquelle nous ne pouvons plaire à Dieu, estre un don de sa grâce, illuminant divinement l'âme à entendre, et fortifiant icelui entendement pour s'asseurer des mystères divins révélés de Dieu, laquelle foi est formée par une saincte affection de la volenté meué^du S . Esprit et est absolue par charité .
34. Je confesse que la foi a pour son object toute divine vérité, et qu'elle est substantée par la parole de Dieu, soit qu'il promette, qu'il commande, qu'il menace ou qu'il pardonne.
35. Je croi la foi suivre la vérité des œuvres de Dieu, les cognoistre et les recevoir, non pas qu'elle les face, comme elle croit la création du monde, la résurrection et l'Incarnation, la justification, l'Eucharistie et semblables mystères, combien que je confesse qu'elle est partiale et nécessaire; cause qu'ils sont cognus, administrés et receus en salut.
36. Je confesse les péchés estre distincts, selon la transgression, les uns mortels, comme désir de paillarder, les autres véniels, comme l'esmotion à paillardise, sans le désir et consentement.
37. Je confesse qu'Adam a esté créé sain et sainct en son âme et au corps, ayant pouvoir ne point pécher, s'il eust voulu, et de parvenir, avec tels dons de Dieu, à salut.
38. Je croi, par le péché actuel du premier homme, le péché originel avoir esté transfus et dérivé en tous, par origine naturelle, et particulièrement propre à chacun en naissant naturellement, sinon que Dieu ait voulu en exempter aucun. Par ce péché, nous sommes ennemis de Dieu, privés de justice originelle et enclins à mal, et de nous impotens à opérer sainctement. Donc nous avons besoin du baptesme, par lequel le péché originel est proprement remis en l'homme régénéré.
39. Je confesse la concupiscence estre un mal, une imperfection, un vice et obliquité ou gauchissure en l'appétit sensuel contre la seigneurie de l'âme et contre la loi de Dieu, laquelle concupiscence, après la régénération, n'est aucunement péché proprement, si le consentement de la portion supérieure de l'âme n'y intervient.
40. Je confesse la justise des fidelles saincte et parfaicte ici, selon que Dieu le requiert de nostre fragilité, combien que, si on parangonne icelle justice à celle de Dieu ou des anges, ou d'Adam en Testât d'innocence, ou des bienheureux au ciel, elle est imparfaicte.
41 . Je croi les commandemens de Dieu ne pouvoir estre sainctement accomplis par les forces de nature ou de la loi.
42. Aussi je croi que les fidelles prévenus du mouvement du S. Esprit et enrichis de nouvelles forces infuses au libéral arbitre, et après justifiés en soi par