LIVRE SECOND, CHAP. II
nonobstant la révolte des rois d'Israël ou d'aucuns prestres et rois de Juda, lesquels docteurs ont maintenu manifestement, et ce, par succession immédiate, la vérité de la saine et saincte doctrine, et de la légitime administration des sacrements, nonobstant les persécutions et erreurs contre lesquels ils ont obtenu victoire, jusques à ce que l'Église a esté transférée des Juifs, sous Anne et Gaiphe, à nostre Seigneur Jésus Christ, et de lui aux apôtres et leurs successeurs jusques à nous. Et par ce, la révolte qui se fera contre Dieu sera par l'Antéchrist et par les hérétiques, ses supposts, et non par l'Église catholique, c'est à dire, non par la commune succession et confession de foi es ordinaires pasteurs et docteurs.
62. Je confesse que les schismes qui sont intervenus en l'Église n'ont concerné que les personnes et les eslections, et non la foi, l'authorité, ni l'office non plus, par quoi cela n'a rien diminué l'unité et essentielle intégrité de l'Église qui réside en la foi et commune confession des fidelles.
63. Je confesse que Dieu conserve son Église par les pasteurs, évesques et docteurs, et qu'advenant qu'on débatist de la personne de nostre S. Père le pape, ou à cause de schisme ou d'hérésie, ou de doubteuse doctrine, ce néantmoins elle demeure entière entre lesdicts pasteurs. Car la conservation de l'Église et de la foi, qui se fait par la souveraine présidence de nostre S. Père le pape, est un enrichissement d'abondante et dernière perfection pour plus briesvement et authentiquement finir les troubles de la foi et régir
l'Église.
Voici les thèses opposées aux premières, comme elles furent couchées au premier synode national tenu à Paris au temps des plus violentes persécutions i .