‹ Histoire universelleChapitre 125 sur 332 · LIVRE SECOND, CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND, CHAP. III

salut nous régénère, nous réformant à bien faire, toutesfois nous contestons que les bonnes œuvres que nous faisons, par la conduite de son esprit, ne vienent point en compte pour nous justifier, ou mériter que Dieu nous tiene pour ses enfans, pource que nous serions tousjours flotans en doute et incertitude, si nos consciences ne s'appuyoient sur la satisfaction par laquelle nostre Seigneur Jésus Christ nous a acquîtes.

23. Nous 'croyons que toutes les figures de la loi ont pris fin à la venue de Jésus Christ, mais combien que les cérémonies ne soyent plus en usage, néantmoins la substance et vérité nous en est demeurée en la personne de celui auquel gist tout l'accomplissement. Au surplus, il nous faut aider de la loi et des prophètes, tant pour reigler nostre vie que pour estre conformes aux promesses de l'Évangile.

24. Nous croyons, puisque Jésus Christ nous est donné pour seul advocat, et qu'il nous commande de nous retirer privément en son nom vers son Père, et mesmes qu'il ne nous est pas licite de prier, sinon en suivant la forme que Dieu nous a dictée par sa parole, que tout ce que les hommes ont imaginé de l'intercession des sainctz trespassez n'est qu'abus et fallace de Satan, pour faire desvoyer les hommes de la forme de bien prier. Nous rejettons aussi tous autres moyens que les hommes présument avoir, pour se racheter envers Dieu, comme desrogeans au sacrifice de la mort et passion de nostre Seigneur Jésus Christ. Finalement, nous tenons le purgatoire pour une illusion pro- <:<<!<'<; de cestc mcsmc boutique, de laquelle sont aussi procédez les vœux monastiques, pèlerinages, défenses du mariage et de l'usage des viandes, l'observation

cérémonieuse des jours, la confession auriculaire, des indulgences et toutes autres telles choses, par lesquelles on pense mériter grâce et salut. Lesquelles choses nous rejettons, non seulement pour la fausse opinion du mérite qui y est attaché, mais aussi pour ce que ce sont inventions humaines qui imposent joug aux consciences.

25. Or, pource que nous ne jouissons de Jésus Christ que par l'Évangile, nous croyons que l'ordre de l'Église, qui a esté establi en son authorité, doit estre sacré et inviolable, et partant que l'Église ne peut consister, sinon qu'il y ait des pasteurs qui ayent la charge d'enseigner, lesquels on doit honorer et escouter en révérence, quand ils sont deuement appelez et exercent fidèlement leur office. Non pas que Dieu soit attaché à telles aides ou moyens inférieurs, mais pource qu'il lui plaît nous entretenir sous telle charge et bride. En quoi nous détestons tous fantastiques qui voudroyent bien, en tant qu'en eux est, anéantir le ministère et prédication de la parole de Dieu et ses sacremens.

26. Nous croyons donc que nul ne se doit retirer à part, et se contenter de sa personne, mais tous ensemble se doivent garder et entretenir l'unité de l'Église, se soumettant à l'instruction commune et au joug de Jésus Christ, et ce en quelque lieu où Dieu aura establi un vrai ordre d'Église, encores que les magistrats et leurs édits y soyent contraires, et que tous ceux qui ne s'y rangent ou s'en séparent contrarient à l'ordonnance de Dieu.

27. Toutesfois, nous croyons qu'il convient discerner soigneusement et avec prudence quelle est la vraye

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