LIVRE SECOND, GHAP. IV
royaumes, lesquels unanimement recognoissent le siège de Rome, sa doctrine et ses constitutions. Adjoustent à cela les promesses de Dieu, selon lesquelles il monstre, sans contredit, que l'Église ne pourra jamais défaillir. Cette Église estant entre leurs mains, ils maintienent n'appartenir qu'à eux d'authoriser les escritures et les expliquer.
Et toutesfois, pour la pitié qu'ils ont eu des dévoyés, ils ont cédé de leur droict, descendans au champ du combat par disputes, soit aux conciles, où ils ont voulu et permis disputer ceux qui l'ont osé, soit en privé, comme il paroit par les actes imprimez, desquels les bibliothèques sont pleines de toutes parts. Ils chargent au contraire leurs adversaires de nouveauté d'estre sans succession et sans estendue, et par conséquent sans authorité, forclos de leurs raisons, faute de légitime vocation; que depuis cent ans1 ils ont paru, leurs ministres ingérés ne peuvent rien produire que faussement. D'ailleurs, que leur religion est approuvée par si peu de peuple que la paucité en descouvre l'impureté. Qu'il ne leur appartient pas de manier les livres sacrés ni d'enseigner, n'estans pas assis sur la chaire de Moyse, qui est celle de sainct Pierre. Qu'en tout2, ces novalistes paroissent en mesme temps misérables et orgueilleux; le premier en se privant des thrésors de l'Église, comme des indulgences du Saint-père, et puis des absolutions des confesseurs, le plus petit et plus pécheur desquels, en prononçant absolvo te, délivre absolument de tout