La ville de Béziers fut prise le 22 juillet
2. Guillaume II Arnanieu de Genève, archevêque de Bordeaux. — Jean Ier de Veirac, évêque de Limoges. — Arnaud II de Bovinham, évêque d'Agen. — Guillaume IV de Gardaillac, évoque de Cahors. — - Gaillard Ier de Mota, évêque de Bazas.
•î. Il n'y a point de comte de Dunois dans ces événements. Peutôl re faut-il lire comtes d'Agenois. La chanson de la croisade contre Lee Albigeois énumôre ces seigneurs (édit. de la Soc. de l'Hist. do France, t. Il, p. 17). — Raymond III, vicomte de Turenno, était vassal du comte de Toulouse.
feu et à sang, à la mode de Bésiers. De là, on marche à la Cité, où s'achemina le roi d'Arragon, pour essayer à faire composer le comte de Bésiers, son allié, qui lors faisoit son debvoir avec son peuple. La response de Milon fut que le comte se pourroit venir mettre entre ses mains, à sa discrétion, mais que les hommes, femmes, filles et enfans sortiroyent nuds, sans chemise et avec perte de tout.
Au refus, l'assault fut commandé et exécuté avec telle perte des pèlerins que le monceau des morts empoisonna l'armée ; et les croisés, qui n'estoyent obligés qu'à la quarantaine, en laquelle ils avoyent gaigné paradis, se desbandèrent presque tous. Le légat, contraint par là de lever le siège, envoya au comte un discoureur, qui joua si bien du plat de la langue, qu'il emmena le comte, qui eut beau crier la foi promise; il apprit ce qu'elle valoit1.
Le peuple, n'espérant plus que la mort, fut advisé d'une voûte soubs terre, par laquelle ils sortirent de nuict fort loin, et, ayant gaigné Cameret2, s'esparpillèrent comme ils peurent, selon que l'aage et le sexe le permettoyent.
Le légat fit un arsenac de la cité de Carcassonne et un chef de l'armée. Au refus du duc de Bourgogne et des comtes de Nevers et S. Paul, fit chef de l'armée Simon de Montfort, qui, dès le commencement, hérita
1. Le 1er août 1209, les croisés arrivèrent sous les murs de la ville, et le lendemain prirent d'assaut le faubourg. Le 15, le reste de la ville tomba en leur pouvoir.
2. Dom Vaissette (t. III, p. 163) parle d'un souterrain qui conduisait de Carcassonne aux tours de Gabardez, à trois lieues de la ville.