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Chapitre II

Estât des Allemagnes.

Pour ne renvoyer point par nécessité mon lecteur, cercher tous les principes nécessaires à l'intelligence chez les autres, je désire qu'il sçache des quatre contrées contigues à la France par ce chapitre et les trois suivants ce qui s'ensuit.

1. Var. de L'édit. de 1616 : « autres. C'est là que j'adresse

« le recteur curieux, principalement pour les affaires des cm- 9 jures »

Tous les historiens1 non passionnés sont d'accord, qu'unze cens ans après Jésus-Christ, la religion desVaudois, comme nous dirons particulièrement au deuxième livre2, commença de secouer la doctrine et l'authorité des papes, comme firent après eux les Albigeois, lesquels dissipés s'espandirent en Angleterre, en Bohême, en Allemagne et autres lieux. Ceste créance, relevée par Wiclef3, par Jean Hus4, par Hierosme de Prague5 et Luther, s'est maintenue doucement jusques lors qu'estant accreue et soustenue par les princes de Bohême, on vint aux armes sous Zisca6. Et puis les Allemans, se trouvans7 des disputes aux guerres, firent la ligue de Smalcalde8. Luther estant mort9, l'empereur Charles-Quint se rallia avec le pape, et, après avoir fait quelques ordonnances pacifiques, promis le concile, qui depuis fut à Trente, se mit aux armes10. Or, quoi que les rois de France et d'Angleterre favo-

1. La suite de ce chapitre constitue le chap. m dans l'édition de 1616.

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