LIVRE SECOND, GHAP. XI
Constant, Arrius et autres, desquels il remarquoit les inhumanitez et les morts horribles, avec une analogie notable de leur vie et de leur mort, après, dis-je, ceste liste, il en produisoit une de ceux qui, en ce temps, s'estoyent monstrez plus ardents à l'extinction des réformés, observants la mesme proportion de leur façon de vivre et leur manière de mourir. Là marchoit Arondel, évesque de Cantorbie1, qui, voulant priver les fidelles du pain de la parole, sa bouche prit en telle haine le pain qu'il mourut de faim.
Un Piémontois, en Angrogne, ayant juré qu'il mangeroit le nez du pasteur, un loup, en plein midi et devant une grande multitude, lui vint manger le nez et s'en retourna sans blesser aucun, comme n'ayant que cela à faire, de2 quoi le mordu enragea.
Le comte Félix, Aleman, ayant juré qu'au poinct du jour, il marcheroit dans le sang des réformés jusqu'aux espérons, estouffa la nuict en son sang.
Il mettoit en ce rang le président Mesnier, baron d'Opède3, et les morts en sang de quelques princes, qui apparoistront en leur rang.
Et pource qu'es persécutions des Alpes, on avoit fait mourir plusieurs en faisant ronger les ventres par des barbots, il remarquoit quelques inquisiteurs de