Var. de l'édit. de 1616 : « Cantorbie, lui reprochant que
voulant priver »
2. Ces derniers mots manquent à l'édit. de 1616. — Enragea, devint enrage.
3. Jean de Maynier, baron d'Oppède, premier président au parlement de Provence, né le 10 septembre 1495 à Aix, où il mourut le 20 juillet 1558. Il s'est acquis une triste célébrité par ses cruautés contre les Vaudois de Mérindol et de Gabrières. On a de lui une traduction en vers de dix Triomphes de Pétrarque. Paris, 1538, in-8*.
Mérindol rongés de vers, mettants en mesme rang le chancelier du Prat1, puis Aubespin, inventeur desbaaillons. A l'Aubespin, on en appliqua un , afin que les vers qui multiplioyent en sa bouche ne l'estouffassent, ce qui avint ; et mort, fut laissé longtemps baaillonné 2.
Plusieurs, ardents à faire brusler, bruslèrent de feu visible, s'espandant par leur chair et les faisant détrancher à morceaux, comme Bellomonte et Poncher. Il remarque l'évesque Gastellan, qui, d'une grande froideur, envoyoit au feu. Celui-là mourut demi glacé, demi bruslé.
Puis suivent ceux qui, en leurs chaires, ont appelle la mort, s'ils n'annonçoyent vérité. De là, il amène les désespoirs de Latome, du cardinal Polus, Spera et autres ; puis, il n'oublie pas le chien noir du cardinal Grescence, à la veuë duquel il prononça qu'il estoit mort, qui ne pût estre chassé et qui receut de sa gueule son dernier fumeau. Encores y adjoustent-ils les sauts que faisoit le corps du chancelier Olivier, en reprochant sa damnation au cardinal de Lorraine.
Je n'ai pris que les exemples les plus relevés et en laisse nombre de plus remarquables, pour vous dire que ce livre, duquel la vérité a esté recerchée tant par les uns que par les autres3, tant s'en faut qu'il soit
1. Antoine Duprat, chancelier de France, né à Issoire le 17 janvier 1563. Devenu veuf en 1516, il fut nommé archevêque de Sens et, plus tard, cardinal. Il mourut le 8 juillet 1535. Le marquis Duprat a écrit sa vie. In-8°, 1857.
2. L'Aubespin était conseiller au parlement de Dauphiné en 1560, et prit une part active à la condamnation d'un grand nombre de calvinistes. Le récit de sa fin tragique est emprunté par d'Aubigné à de Thou (de Thou, t. II, p. 813).