‹ Histoire universelleChapitre 2 sur 332 · Astorge, <£<jtopyoç, insensible · texte numérisé non relu

Astorge, <£<jtopyoç, insensible

qu'il se falloit régler aux meilleurs et ri attendre pour juges œquanimes l de ma louange que ceux qui Vont méritée pour eux. Et, si quelqu'un reproche à mon histoire qu'elle ri a pas le langage assez courtisan, elle respondra ce que fit la Sostrate2 de Piaule, à laquelle son mari alléguant pour vice quelle ri estoit pas assez complaisante et cageoleuse : « Je suis, dit-elle, matrone et femme de bien; ce que vous demandez est le propre des filles dejoye. » Laissans donc ces fleurs aux poésies amoureuses, rendons vénérable nostre genre tfescrire, puisqu'il a de commun avec le théologien d'instruire r homme à bien faire et non à bien causer; estendans nos rameaux, jadis beaux de fleurs inutiles, et maintenant riches de fruicts savoureux , moins agréables , pource qu'ils ne monstrent point de feuilles, tant ils sont rangez près àfirês.

Certes, en voyant les livres monstrueux qui courent, sales de flatteries impudentes , de louanges prophétiques, de mesdisances affectées, d'abus en la recerche des conseils, d'ignorance en la description des succès, soit pour les termes d'escolier ou pour n'avoir rien veu en soldat ; voyant mettre sans honte le nom d'histoire sur le frontispice d'un ouvrage dans lequel, la porte passée, vous ne trouvez que des enfileures de mémoires, receus de tous venants, dictez par leurs intérests ; la recerche des actions particulières, indignes de lumière publique : et y voyez traitter avec nonchalance ou du

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