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LIVRE SECOND, CHAP. XIX

tampes1. Il est certain qu'ils avoyent tels desseins, et qu'en mesme temps Maligni, quand le Roi de Navarre le fit arrester, s'asseuroit de Lyon, et que, ses armes cachées estans descouvertes, lui assiégé par Achon2 avec les mortes payes de la ville, il se deffendit si bien qu'ayant tué cent ou six vingts hommes, on lui fit place pour sortir et se retirer où il voulut3. Dès lors, la Roine et son Conseil n'oublièrent aucune voye pour attirer le Roi de Navarre et son frère à la cour4. Le connestable leur envoya belles lettres5. Le cardi-

bigné cite probablement à tort ce capitaine parmi les affiliés des Guises, car il était, à cette époque même, lieutenant de la compagnie du prince de Gondé (Brantôme, t. IV, p. 89) et huguenot. Au massacre de la Saint-Barthélémy, le roi lui fit grâce de la vie (De Thou, t. IV, p. 590).

1. Jean de Brosses, dit de Bretagne, duc d'Etampes, avait épousé, en 1536, Anne de Pisseleu, duchesse d'Etampes, maîtresse de François Ier. Il devint gouverneur du Bourbonnais et de Bretagne et mourut en 1565.

2. Saint-Germain, s. d'Apchon, fils de Marguerite d'Albon et neveu du maréchal de Saint-André. Brantôme raconte de lui un trait de duelliste qui ne lui fait pas honneur (t. VI, p. 378). Il défendait Lyon sous les ordres de Antoine d'Albon, abbé de Savigny et de l'Ile-Barbe, cousin du maréchal et son lieutenant en Lyonnais depuis le 24 septembre 1559.

3. Les deux Maligny, Jean de Ferrières et Edme de Ferrières, après la conjuration d'Amboise, s'étaient retirés à Lyon, et, le 5 septembre 1560, tentèrent vainement, avec une poignée de conjurés, de surprendre la ville. Gabriel de Saconay a écrit un récit de ces troubleg, réimprimé dans les Archives curieuses de Gimber et Danjou, avec quelques autres pièces, t. IV, p. 215.

4. La reine leur envoya, le 1er septembre, son chevalier d'honneur, Antoine de Crussol, plus tard duc d'Uzès, avec une lettre du roi qui a été imprimée par La Popelinière (1581, 1. 1, f. 209) et dans les Mémoires de Gondé (t. I, p. 572).

5. La lettre du connétable, datée du 26 septembre 1560, est imprimée dans les Mémoires de Condé, t. I, p. 583, et dans les

nal de Bourbon, ayant reçeu le serment du Roi et de la Roine pour la liberté et seureté de ses frères, s'achemina pour les aller quérir1.

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