Eslèvation, soulèvement
lettres de plusieurs vers le Roi de Navarre et prince de Condé, trahi par un de ses compagnons, fut pris à Estampes4. Les lettres qu'il a voit de ceux de Montmorenci2 n'estoyent que d'honnestetés; mais celle du vidame de Chartres, en termes couverts3, le firent amener à la Bastille4; dont estant présenté à la question, il confessa que les Bourbons avoyent dessein de venir en cour, prendre en passant Poitiers, Tours et Orléans, qu'en mesme temps le connestable se devoit asseurer de Paris par le mareschal, son aisné, qui en estoit gouverneur ; de la Picardie par Senarpont 5 et Bouchavanes 6 ; de la Bretagne par messieurs d'Es-
1. Jacques de la Sague, gentilhomme basque, homme d'armes de la compagnie de François de Montmorency, fut trahi par un capitaine, Banna ou Bonval, ancien sergent-major des bandes françaises en Piémont, et arrêté à Étampes par Du Croc, échanson de la reine (La Place, édit. Buchon, p. 53 et 68 ; La Planche, ibid., p. 315 et 344; La Popelinière, t. I, f. 190).
2. La lettre du connétable, datée du 26 août, est imprimée dans les Négociations sous François II, p. 481.
3. D'après une pièce du temps réimprimée dans les Mémoires de Condé, t. II, p. 374, et qui a été presque textuellement reproduite par La Place (édit. Buchon, p. 128), la lettre écrite par le vidame de Chartres était inoffensive, mais il fut compromis par les aveux de La Sague.
4. François de Vendôme, vidame de Chartres, fut arrêté dans son logis à Paris, le 1er ou le 2 septembre, et conduit à la Bastille par François Raffin, dit Poton, sénéchal d'Agenais. Le roi donna commission à Christophe de Thou, président du Parlement, Barthélémy Faye, Jacques Viole, conseillers, et Gilles Bourdin, procureur général, d'instruire son procès (Lettre pat. du roi sans date; copie; f. fr., vol. 3876, f. 351).
5. Jean de Monchi, seigneur de Senarpont, ancien gouverneur de Boulogne, capitaine étranger aux partis et qui même, suivant une pièce du temps, était l'ami de Condé {Mémoires de Condé, t. II, p. 374).