LIVRE SECOND, CHAP. XX
Cependant que les réformés en Provence, Languedoc et Daulphiné, par nouvelles hardiesses, prindrent part aux églises de Montpelier et Montélimart, les Cordeliers pour prescher à son de cloche1, ceux de Romans l'Église principale ; toutes ces choses supportées par lessrsdeMirabel2, Montbrun3, Quintil4, S. Auban5 et autres; là-dessus vindrent lettres de pardon du Roi. Les estats de Daulphiné assemblés à Valence, Pévesque6 commença par exhortation de se ranger à la volonté du Roi, et puis on demanda s'ils ne se vouloyent pas servir du bénéfice de l'édict. Mirabel respond pour tous qu'il ne pouvoit traicter d'affaire aucune qu'après l'invocation du nom de Dieu. Le séneschal y
1. Il y a ici une lacune qui rend le texte obscur. L'église des Gordeliers, que les protestants occupèrent, est à Valence, ce que ne dit pas d'Aubigné. Cf. de Thou, liv. XXV.
2. Mirabel, capitaine huguenot, avait été envoyé, le 30 avril 1562, à Valence, au secours des réformés.
3. Charles du Puy, seigneur de Montbrun, né vers 1530, embrassa la réforme, combattit en Dauphiné en 1560 et 1562, à Jarnac et à Montcontour en 1567 et battit les catholiques en 1570 au passage du Rhône. Après la Saint-Barthélémy, il reprit les armes et soumit une partie du Dauphiné. En 1574, il fit la guerre au roi lui-même et le força à lever le siège de Livron. L'année suivante, assailli par des forces supérieures, il fut pris, conduit à Grenoble, condamné à mort et exécuté le 12 août 1575. Sa vie a été publiée en 1671 par Guy Allard, in-8°, et en 1816 par Jean- Claude Martin, in-8°.
4. Quint, suivant de Thou, ou Quintel, suivant de Bèze, capitaine dauphinois réformé, avait servi dans les guerres d'Italie.
5. Gaspard Pape, seigneur de Saint-Auban, gentilhomme du Dauphiné, avait été un des lieutenants de Biaise de Monluc au siège de Sienne [Commentaires, t. II, p. 17). Ayant embrassé la réforme, il devint, après l'éloignemcnt du baron des Adrets, le chef du parti protestant dans sa province.