Jean de Monluc, évêque de Valenco
consentit. Après la prière, où tous s'estoyent agenouillés, hormis les ecclésiastiques, la response des réformés fut qu'ils vouloyent justifier leurs actions et non se servir de grâce t .
Le duc de Guise fit despescher Maugiron2 en la place de Clermont-Tallard3, trop doux et patient à son gré. Maugiron, pour travailler au gré des Lorrains, amasse promptement des soldats à Lyon et à Vienne, les embarque pour demeurer à Valence et surprendre Mirabel et ses compagnons. Mais, les trou vans en estât de deffense, il leur envoya un renard, nommé Vinai4, qui alla parmi eux contrefaire le Huguenot, et y prit tel crédit en disant force vilenie des papes qu'il les sépara. Lors Maugiron, arrivé à Valence, cria ville gaignée et y fit rendre 1 7 compagnies des vieilles bandes de Piedmont, 4 de gend'armes, et sous leur garde une chambre des juges de Grenoble. Le mesme Vinai fit quitter les armes à ceux de Montélimart et de Romans, et amena au piège 70 prisonniers ; de ceux-là, on fit mourir deux ministres, le secrétaire de la ville, Marquet5,
1. Ces troubles en Dauphiné, préliminaires de la guerre civile, sont racontés par de Thou, 1740, t. II, p. 810.
2. Laurent de Maugiron, lieutenant du roi, en Dauphiné, après l'assassinat de La Mothe-Gondrin, et sénéchal de Viennois, père de Louis de Maugiron, tué par Ribérac dans le duel des Mignons.
3. Antoine de Clermont-Tallard, grand maître des eaux et forêts de France en 1551, lieutenant général du roi en Dauphiné, en 1554, puis en Savoie, mourut après le 12 avril 1578.
4. Vinai, homme rusé et fort instruit, mais dont les « mœurs, « dit de Thou, qui étaient corrompues dans la débauche, l'avaient « lié d'amitié avec Maugiron par le même goût des plaisirs » (1740, t. II, p. 811).
5. Le procureur Marquet, juge civil du châtelain de Soyon (Ardèche), avait enlevé l'église et le couvent des Gordeliers de