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LIVRE SECOND, CHAP. XXI

de desplaisir1. Geste mort fut comptée pour grand gain sur le point des Estats ordonnés à Orléans2. C'estoit un esprit que les Lorrains appréhendoient ; au contraire les députez, qui s'avançoient , en reçeurent estonnement3 ; mais bien plus, quand ils virent qu'ils entroyent en une armée4 et non pas en une cour.

Le premier acte du Conseil à Orléans fut de faire une sorte de confession dictée par le cardinal de Lorraine, attachée à un édict, menaçant de mort ceux qui la refuseroient. C'estoit pour faire qu'il n'y eust qu'un parti en la ville. Après, on fit sentir à d'Andelot qu'il n'avoit nulle puissance sur l'infanterie 5 pour lui faire de là conclure sa retraite, comme il fit et bien à propos, y laissant ses frères, l'admirai et le cardinal libres encor pour n'espouventer ceux qui venoient au devant6, vers lesquels le cardinal d'Armagnac7

i. Charles de Marillac mourut le 30 novembre 1560. De Thou a fait son éloge (1740, t. II, p. 825).

2. François II, après l'assemblée de Fontainebleau, avait convoqué les états généraux à Meaux pour le 10 décembre suivant. Au commencement de novembre, le lieu de la réunion avait été transféré à Orléans {Négoc. sous François II, p. 486 et 639).

3. Voir les discours des orateurs des trois ordres dans La Popelinière, 1581, t. I, f. 225, 229 et 239, et dans le Recueil des états généraux, 1789, in-8°, t. X, p. 348 et suiv.

4. Le roi était arrivé le 18 octobre à Orléans, avec un cortège qui ressemblait à une armée (La Planche, édit. Buchon, p. 277). Pour justifier cet étalage menaçant, les Guises avaient répandu le bruit que la ville d'Orléans était en pleine révolte {Mémoires de Condé, t. II, p. 378).

5. D'après La Place, d'Andelot, prévoyant l'arrestation des princes, remit sa charge de colonel de gens de pied au roi et se retira en Bretagne.

6. C'est-à-dire le roi de Navarre et le prince de Condé, qui s'avançaient à petites journées vers Orléans.

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