Georges d'Armagnac, né vers 1501, successivement évêque
s'cstoit avancé jusqucs à Vertœil1, portant de rechef la foi du Roi signée et jurée entre ses mains. Il arriva que Montpesac 2, envoyé pour la seureté de Poictiers, fermant les portes à ces princes, les fit retirer à Lusignan3. Là, ils eurent advis de toutes parts du péril qui leur pendoit sur la teste, qu'on envoyoit quérir en Lionnois et Dauphiné contr'eux les tesmoins que nous avons marquez. D'autres adjoustoyent que le refus du passage leur estoit une couverture pour, sans crime, retourner et dilayer. Autrement en avoit ordonné le ciel. Ils passent dans Poictiers, y trouvent le refus changé en honneur excessif, rencontrent à Blois le cardinal de Bourbon, qui réitéra les sermens, et firent le chemin jusques à Orléans, ayant tousjours derrière et aux costez trois ou quatre cens chevaux du mareschal de Thermes, qui se tenoient assez loing d'eux pour ne les effrayer, assez près pour les pousser en la tonnelle4.
de Rodez, cardinal, archevêque de Toulouse et d'Avignon, ambassadeur à Venise et à Rome, mort en 1585. M. Tamizeyde Larroque lui a consacré une notice biographique et a publié un certain nombre de ses lettres.
1. Verteil en Agenais et non Verteuil en Angoumois, comme l'ont écrit La Planche et de Thou. Le cardinal d'Armagnac y était arrivé le 25 septembre 1560 (Ant. de Bourbon et Jeanne d'Albret, t. II, p. 371 et 377, note).
2. Melchior de Lettes, s. de Montpezat, gendre d'Honorat de Savoie, comte de Villars, gentilhomme du parti des Guises.
3. Le roi de Navarre et le prince de Gondé arrivèrent le 18 octobre à Lusignan (Lettres d'Ant. de Bourbon et de Jeanne d'Albret, p. 220).
4. Le maréchal de Thermes avait reçu l'ordre de s'établir fortement à Poitiers et d'y attendre le passage des princes. L'instruction qui lui fut donnée est imprimée dans les Négociations sous François H, p. 642.